Tweets de Cassis d'avant son accession au Conseil fédéral effacés

Le conseiller fédéral Ignazio Cassis a modifié son profil dans les réseaux sociaux depuis son ...
Tweets de Cassis d'avant son accession au Conseil fédéral effacés

Tweets de Cassis d'avant son accession au Conseil fédéral effacés

Photo: KEYSTONE/PETER KLAUNZER

Le conseiller fédéral Ignazio Cassis a modifié son profil dans les réseaux sociaux depuis son accession au gouvernement. Le ministre des affaires étrangères a ainsi supprimé des centaines de messages sur Twitter, notamment des déclarations concernant l'UE.

Le compte Twitter d'Ignazio Cassis, @ignaziocassis, affichait encore le 17 décembre 580 messages, a rapporté jeudi soir le Tages-Anzeiger sur son site Internet. Après le coup de balai jeudi, 90% d'entre eux ont disparu et il n'en restait plus que 43.

Le PLR tessinois a rejoint le réseau social en mars 2011. En consultant le site Internet Politwoops, qui répertorie et conserve tous les tweets des politiciens, on peut constater que des centaines d'entre eux ont disparu du compte officiel.

'Brexit, Grexit, Quitaly'

Parmi eux figure un message diffusé en juin 2016 après la décision du Royaume-Uni de sortir de l'Union européenne (UE). Utilisant un jeu de mots, l'ancien conseiller national écrivait: 'Brexit, Grexit, Quitaly et Endenemark? AdiEU tout le monde!'. A la tête du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) depuis le début novembre, M. Cassis doit désormais gérer l'important et épineux dossier européen.

Le DFAE explique ce coup de balai par le fait que M. Cassis a décidé de conserver ses comptes dans les médias sociaux comme comptes officiels en tant que conseiller fédéral. Les tweets datant d'avant son accession au Conseil fédéral n'ont rien à faire avec sa fonction actuelle, précise le département dans le Tages-Anzeiger.

Le compte Facebook de M. Cassis doit également subir un nettoyage.

Effets négatifs

Une telle attitude peut 'mettre la puce à l'oreille' et avoir des conséquences négatives, a dit à l'ats Marie-Christine Schindler, experte en communication. Mais elle comprend également la décision de M. Cassis.

Il est passé d'un conseiller national peu connu à un personnage d'intérêt public. 'C'est normal qu'il doive repenser ses profils et adhésion à des groupes', selon Mme Schindler. En effaçant les tweets, il a voulu éviter qu'ils soient sortis de leur contexte et réutilisés ultérieurement.

Lignes directrices différentes

Selon le DFAE, il n'existe pas des directives spécifiques au sein du département ou de l'administration fédérale pour l'utilisation des médias sociaux par les fonctionnaires. Le cas de M. Cassis est une première au DFAE. Ses prédécesseurs n'avaient pas de compte lors de leur entrée en fonctions.

Des indications générales concernant la communication sont données par la Conférence des services d’information de la Confédération (CSIC): elle doit être 'active, factuelle, vraie et coordonnée'. Les responsables de communication des départements participent quotidiennement à une conférence téléphonique.

L'Office fédéral du personnel a édité un guide concernant l'utilisation des médias sociaux pour les employés de la Confédération. On peut notamment y lire: 'Contrôlez les messages avant de les publier. Le Net n'oublie jamais'.

Trois conseillers fédéraux

Le ministre de l'économie, Johann Schneider-Ammann, et son collègue de l'intérieur, Alain Berset, ont tous deux des comptes Twitter personnalisés. @_BR-JSA est présent depuis 2015 et compte 21'000 'followers'.

@alain_berset, sans mention de sa fonction de conseiller fédéral, existe depuis 2011, soit avant son élection au gouvernement. Mais seuls 15 tweets ont été publiés durant ses années comme conseiller aux Etats. Le futur président de la Confédération est le plus suivi des sept conseillers fédéraux (82'000).

Il gère lui-même son compte Twitter, précise Markus Binder, porte-parole du Département de l'intérieur. Celui-ci n'a pas de compte.

Doris Leuthard, Ueli Maurer et Guy Parmelin communiquent via le compte de leur département. Ensemble, ils comptent 14'000 'followers'. Le Département fédéral de justice et police n'est pas présent sur Twitter, ni d'ailleurs sa cheffe Simonetta Sommaruga. Toutefois, le chef de l'information, Guido Balmer, et l'Office fédéral de la police (fedpol) en font usage.

/ATS
 

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