Une aubaine pour relancer le Grand Genève

Le Léman Express devrait donner un nouveau souffle au Grand Genève. Le futur réseau ferroviaire ...
Une aubaine pour relancer le Grand Genève

Une aubaine pour relancer le Grand Genève

Photo: KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

Le Léman Express devrait donner un nouveau souffle au Grand Genève. Le futur réseau ferroviaire doit rapprocher, au propre comme au figuré, les habitants de l'agglomération franco-valdo-genevoise.

Le Grand Genève réunit 212 communes réparties sur le canton de Genève, le district de Nyon (VD) et une partie des départements français de l'Ain et de Haute-Savoie. Cela représente une agglomération de plus d'un million de personnes qui, malgré la proximité géographique, peine à créer une véritable cohésion entre ses habitants.

'Les sondages des dernières années montrent que le sentiment d'appartenance est assez faible', reconnaît Vincent Kaufmann, directeur du laboratoire de sociologie urbaine de l'EPFL, interrogé par Keystone-ATS. La faute notamment à des dissensions politiques de part et d'autre de la frontière.

Dernier exemple en date: la question de la scolarisation à Genève des enfants domiciliés en France voisine. M. Kaufmann mentionne aussi le refus des Genevois de cofinancer cinq parkings-relais en 2014 en Haute-Savoie. 'Cet épisode a laissé des traces', affirme-t-il.

'Offre généreuse'

La mise en service du Léman Express pourrait néanmoins changer la donne, amener les habitants de la région à se sentir 'colocataires d'un même territoire', pour reprendre une expression récurrente du maire d'Annemasse (F) Christian Dupessey. 'Il est difficile de faire des prédictions, mais l'image du Grand Genève devrait s'améliorer petit à petit', juge M. Kaufmann.

'Le potentiel de changement est là', corrobore Joël Vetter, chef de projet transports pour le Grand Genève. 'Nous pourrons mieux nous connaître, découvrir plus facilement où nous habitons les uns et les autres. Cela va nous rapprocher dans tous les sens du terme', estime-t-il.

Les habitants du Grand Genève pourront se côtoyer plus facilement grâce au plus grand réseau ferroviaire transfrontalier d'Europe qui, dès le 15 décembre, s'étendra sur 230 km et desservira 45 gares. Les pendulaires en seront les principaux bénéficiaires, mais ils ne seront pas les seuls. Le Léman Express a été pensé 'pour tous les types d'usage, le travail mais aussi la culture et les loisirs', remarque M. Vetter.

'La bonne nouvelle, c'est que l'offre est généreuse. Il y aura des trains tous les jours et jusqu'à tard en soirée', renchérit M. Kaufmann. Et de donner l'exemple d'un Genevois qui se rendrait un soir en transport public à Annemasse pour assister à un spectacle et d'un Français qui irait se baigner un dimanche à la plage genevoise des Eaux-Vives.

Nouvelles habitudes

Reste à savoir si cela suffira à fédérer cette région transfrontalière. 'Même si le potentiel existe, cela ne se fera pas du jour au lendemain', prévient le sociologue de l'EPFL. Il relève que, dans un premier temps du moins, l'intérêt du Léman Express sera surtout ressenti du côté français, où les habitants sont aujourd'hui 'quasiment condamnés à la voiture'.

Pour Genève, c'est surtout la liaison rive droite - rive gauche qui sera facilitée. Les experts tablent aussi sur une baisse de 12% en moyenne du trafic motorisé à l'entrée de la ville. 'Les gens devront requestionner leurs habitudes et cela peut prendre un certain temps. Mais au final, tout le monde doit être gagnant des deux côtés de la frontière', affirme M. Vetter.

Le développement de la mobilité dans la région ne se limitera d'ailleurs pas à la mise en service du Léman Express. D'autres projets vont se concrétiser à plus ou moins court terme, à l'image par exemple de la nouvelle ligne de bus entre Nyon et Gex (F), prévue également pour la fin 2019. 'Le 15 décembre n'est que le début de quelque chose de nouveau', conclut M. Kaufmann.

/ATS
 

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