Abus sexuels: le Vatican doit revoir toute sa législation

Le comité de l'ONU sur les droits des enfants a fait mercredi toute une série de recommandations au Vatican. Le Saint-Siège doit revoir entièrement sa législation pour se conformer à la Convention qu'il a ratifiée.

Dans leurs recommandations à l'issue de l'examen du rapport du Vatican, le premier depuis 14 ans, les experts de l'ONU critiquent le fait que le Vatican "a insuffisamment pris en considération les droits des enfants dans ses procédures judiciaires, législatives, administratives et dans ses programmes".

Le comité dénonce le fait qu'"en traitant les allégations d'enfants abusés sexuellement, le Vatican a placé continuellement la réputation de l'Eglise et la protection des coupables au-dessus des intérêts des enfants", accuse le document.

Société civile associée

Le comité de l'ONU demande au Vatican de faire en sorte que la commission créée en décembre dernier "enquête de manière indépendante sur tous les cas d'abus sexuels et sur la conduite de la hiérarchie catholique dans le traitement de ces cas". Les résultats de l'enquête, associant la société civile, doivent être publiés.

Tous les responsables connus ou suspectés d'abus sexuels doivent être relevés de leurs fonctions et déférés devant les autorités judiciaires compétentes. Les archives du Vatican doivent être ouvertes dans le but de poursuivre les responsables ainsi que tous ceux qui ont dissimulé leurs crimes et placé en connaissance de cause des coupables présumés en contact avec des enfants, affirment les experts.

Un crime, non un "délit"

La loi canonique doit être amendée pour faire de l'abus sexuel un crime et non "un délit contre la morale". Il faut établir des règles et des mécanismes clairs pour le suivi obligatoire de tous les cas suspects d'abus et d'exploitation, poursuivent les juristes de l'ONU.

/ATS


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