Autorités brésiliennes sous pression face à la fronde sociale

Au lendemain de manifestations historiques et émaillées de violences, les autorités brésiliennes se retrouvaient vendredi pressées de répondre à la fronde sociale qui ébranle le géant d'Amérique latine à un an du Mondial de football. Les heurts ont fait deux morts.

Selon les décomptes des médias, plus de 1,25 million de manifestants ont déferlé jeudi soir dans les rues de ce pays émergent, septième puissance économique mondiale, dont le "miracle économique" et social était vanté il y a encore peu dans le monde entier.

Les manifestants ont exprimé, souvent avec humour, parfois avec grande violence, le profond ras-le-bol de nombreux Brésiliens face à des services publics indigents, à la corruption de la classe politique et aux dépenses somptuaires - 13,5 milliards de francs - engagées pour l'organisation du Mondial-2014 de football.

Convoquées sur les réseaux sociaux par des jeunes issus de la classe moyenne rejetant farouchement toute étiquette, ces manifestations, majoritairement pacifiques au départ, ont donné lieu à de nombreux affrontements avec la police et à des scènes de pillage.

Plusieurs manifestants blessés

Un jeune homme de 18 ans renversé par une voiture a trouvé la mort jeudi. Et une femme de 54 ans est décédée le même jour à Belem do Para (Amazonie) d'une crise cardiaque après l'explosion d'une bombe lacrymogène. Par ailleurs, des dizaines de manifestants ont été blessés, dont plusieurs grièvement.

Face à l'ampleur du mouvement, la présidente Dilma Roussef a annulé une visite d'Etat au Japon prévue à la fin du mois. Elle a convoqué ses principaux ministres, dont celui de la justice Eduardo Cardoso, à une réunion de crise vendredi à Brasilia.

La présidente ne s'est elle exprimée qu'une fois depuis le début de la crise, mardi, au lendemain d'une première journée de manifestations massives qui avaient réuni 250'000 personnes.

Nouvelles manifestations

Le Mondial-2014 "doit avoir lieu au Brésil", en dépit de la vague de manifestations, a déclaré vendredi à Rio de Janeiro le secrétaire général de la Fifa, Jérôme Valcke. "nous allons faire en sorte que cela se passe dans les meilleures conditions", a-t-il dit.

De nouvelles mobilisations moins importantes étaient prévues vendredi dans la soirée dans au moins 35 villes du Brésil, selon des médias brésiliens.

/SERVICE


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