Bataille à l'aéroport de Donetsk, premiers pas du futur président

L'armée ukrainienne a lancé lundi ses avions de combat et déployé ses parachutistes pour tenter de reprendre le contrôle de l'aéroport de Donetsk. La place avait été investie par des insurgés quelques heures après la victoire à la présidentielle du milliardaire Petro Porochenko.

M. Porochenko a annoncé dès dimanche soir qu'il se rendrait dans le Donbass, le bassin minier, coeur de l'insurrection. La réponse des séparatistes n'a pas tardé: ils ont envahi de nuit l'aéroport international de Donetsk, manière également de lui rappeler qu'il n'était pas le bienvenu.

Dans l'après-midi, des combats se poursuivaient dans l'enceinte de l'aéroport: fumée noire dans le ciel, bruit de mitrailleuses lourdes et vrombissement des avions de combat. L'aéroport est fermé et les vols annulés.

Vers l'intégration européenne

Quelques heures avant le début de la bataille de l'aéroport, Petro Porochenko avait annoncé qu'il poursuivrait l'opération militaire contre les insurgés pour les empêcher de transformer l'est du pays en "Somalie".

Le futur président suscite des attentes énormes des Ukrainiens et des Occidentaux pour régler la crise politique qui enfle depuis plus de six mois. Il a confirmé l'orientation qu'il comptait donner à sa politique: en route vers l'intégration européenne.

Premier signe de sa volonté d'accrocher l'Ukraine à l'Europe: une "très probable" visite dès le 4 juin à Varsovie, où l'a invité le président Bronislaw Komorowski.

Il a également indiqué qu'il souhaitait conserver à son poste le premier ministre par intérim. Arseni Iatseniouk dirige depuis le 27 février le gouvernement. Il a négocié avec les Occidentaux une aide de 27 milliards de dollars pour son pays.

Moscou prêt à dialoguer

L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a déclaré que l'élection a été "conforme aux normes démocratiques". Sauf, bien sûr, dans les régions de l'Est tenues par des séparatistes prorusses, qui ont tout fait pour empêcher le vote.

Le cinquième président de l'Ukraine indépendante devra négocier avec la Russie sur la dette gazière que son pays a contractée auprès d'elle, un dossier qui inquiète les Européens, tributaires du gaz russe. Dans une première réaction officielle, Moscou s'est dit "prêt au dialogue" avec le futur président, sans toutefois indiquer qu'elle reconnaissait sa légitimité.

/ATS


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