Colère des ouvriers après l'effondrement d'un bâtiment à Dacca

La police bangladaise a tiré vendredi balles en caoutchouc et gaz lacrymogènes contre des centaines de milliers de manifestants dans la banlieue de Dacca. Ces derniers attaquaient des usines après l'effondrement d'un immeuble qui a tué au moins 304 ouvriers du textile.Des ouvriers ont attaqué des usines, renversé des véhicules, brûlé des pneus sur la route et essayé de mettre le feu à des échoppes le long du parcours de la manifestation de masse, a précisé Mustafizur Rahman, le numéro deux de la police de Gazipur, dans la banlieue de la capitale Dacca. Ils ont obligé des usines textiles à fermer."Ils exigent l'arrestation et l'exécution des propriétaires des ateliers et du bâtiment qui s'est effondré à Savar", près de Dacca, a-t-il dit à l'AFP.Dizaines de personnes sous les décombresDes dizaines de rescapés étaient encore extraits des décombres deux jours après l'accident. "Nous avons secouru 45 personnes aujourd'hui (vendredi), dont 41 ont été retrouvées au même endroit, vivantes" dans les gravats du quatrième étage de l'édifice, a annoncé le responsable national des pompiers, Ahmed Ali."Le bilan est de 304 morts", a déclaré un porte-parole de l'armée. Plus de 2300 personnes ont été sorties vivantes des décombres depuis l'accident, dont 72 ce vendredi. Des sources craignent qu'entre 300 et 400 victimes ne soient encore à l'intérieur.La catastrophe a relancé la polémique sur la sécurité dans l'industrie textile fournissant des marques occidentales. Au total, près de 3,6 millions d'ouvriers travaillent dans l'industrie de la confection, ce qui en fait le deuxième pays exportateur de vêtements au monde derrière la Chine.Confection de vêtements MangoL'immeuble abritait cinq ateliers de confection notamment liés à la marque espagnole Mango et au britannique Primark, seules enseignes à avoir confirmé leurs relations avec des ateliers de l'immeuble où travaillaient quelque 3000 personnes.Des ouvriers s'étaient publiquement inquiétés la veille de fissures mais leurs responsables ont ignoré les mises en garde, leur enjoignant d'embaucher normalement le jour suivant. Le premier ministre du Bangladesh a promis jeudi que le propriétaire de l'immeuble, en fuite, serait pourchassé et puni. /SERVICE


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