Constitution égyptienne suspendue, explosion de joie des anti-Morsi

L'armée égyptienne a renversé mercredi soir le président islamiste Mohamed Morsi. Ce dernier a été remplacé par le président du conseil constitutionnel Adly Mansour jusqu'à la tenue d'une élection présidentielle anticipée.

La Constitution est en outre suspendue, a annoncé le chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Sissi, dans une allocution à la télévision égyptienne. Cette annonce a déclenché une explosion de joie des anti-Morsi qui manifestaient en masse à travers le pays.

Des voitures défilaient en klaxonnant à travers Le Caire, tandis que la foule massée sur l'emblématique place Tahrir exultait au moment du discours télévisé.

Il reviendra au nouveau président, doté du pouvoir de gouverner par décrets, de désigner un gouvernement de technocrates pendant la période de transition.

Dans une caserne

Les militaires avaient donné au chef de l'Etat jusqu'à 17h00 (heure en Suisse) pour répondre aux attentes des centaines de milliers de manifestants réclamant son départ depuis plusieurs jours. A l'expiration de ce délai, et alors qu'aucun accord n'avait été trouvé, les choses se sont accélérées.

L'armée a d'abord pris position dans plusieurs lieux stratégiques du Caire, près du palais présidentiel et devant le siège de la télévision nationale, alors que le président se trouvait dans une caserne de la Garde républicaine, sans que l'on sache s'il était détenu ou restait libre de ses mouvements.

Elle a ensuite apporté son soutien à la "feuille de route" mise au point par l'opposition, les dignitaires religieux ainsi que les mouvements de jeunesse.

Enfin, elle a informé M. Morsi à 19h00, deux heures après l'ultimatum, qu'il n'était plus président de l'Egypte un an après sa prise de fonction, a rapporté le journal officiel "Al Ahram" citant une source présidentielle.

Le représentant de l'opposition désigné la veille, le Prix Nobel de la Paix Mohammed ElBaradei, qui s'est exprimé après le général al-Sissi avec qui il a mené les tractations, a estimé de son côté que ces mesures "répondent aux aspirations du peuple".

"Coup d'Etat complet"

Dans un message adressé à ses partisans, Mohamed Morsi a appelé à résister pacifiquement "au coup d'Etat militaire" et à ne pas avoir recours à la violence contre les soldats. "Ce qu'ils ont fait est illégal, ils n'ont pas autorité pour le faire", a ajouté un collaborateur de Mohamed Morsi sous couvert de l'anonymat.

Les partisans du désormais ex-président, réunis dans la banlieue du Caire, ont réagi avec colère à l'annonce des militaires, certains arrachant des pavés et dénonçant les annonces d'Al-Sissi comme "nulles".

/SERVICE


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