Des portraits de déportés d'Auschwitz rappellent l'enfer des camps

Une exposition de photos s'est ouverte vendredi à Varsovie. Elle présente des portraits d'anciens déportés photographiés au seuil de leur vie pour témoigner une dernière fois de l'enfer d'Auschwitz et d'autres camps de l'Allemagne nazie.

Pour la réaliser, le photographe et la journaliste polonais Maciek et Agnieszka Nabrdalik, ont parcouru 80'000 kilomètres à travers le monde notamment aux Etats-Unis, en République tchèque et en Belgique pour rencontrer les derniers survivants, les photographier et enregistrer leurs témoignages.

Intitulée "l'Irréversible", l'exposition, plongée dans une salle quasi-noire, présente des portraits de quarante-deux anciens déportés originaires de différents pays.

La dernière génération

L'idée du projet est née en 2009 lors d'une visite au camp d'Auschwitz. "Quand j'ai vu de nombreux avis de décès d'anciens prisonniers affichés à l'entrée du camp, j'ai tout de suite compris qu'ils nous quittaient très vite et que nous sommes la dernière génération de gens à pouvoir les rencontrer avant leur mort et comprendre ce qu'ils ont vécu", a expliqué Maciek Nabrdalik.

"Nous avons fait ces portraits avant tout pour les jeunes pour lesquels la Seconde Guerre Mondiale est aussi lointaine que le premier vol sur la lune", a-t-il expliqué.

Une souffrance qui perdure

"Ces photos expriment toute notre peur, tout ce que nous avons pu vivre, tout cet enfer dans le camp," explique à l'AFP Danuta Bogdaniuk Bogacka, déportée à Auschwitz à peine à l'âge de 10 ans avec sa mère après l'insurrection du ghetto de Varsovie d'août 1944.

Les anciens déportés sont eux-mêmes surpris par leurs visages, par toute la souffrance que ces portraits continuent à exprimer", a souligné Agnieszka Nabrdalik.

Millions de victimes

Les Allemands nazis ont exterminé un million de Juifs à Auschwitz-Birkenau, le plus grand et le plus atroce camp d'extermination aménagé en 1940 dans la Pologne occupée. Entre 70'000 et 75'000 Polonais non juifs, 21'000 Tziganes, 15'000 prisonniers de guerre soviétiques et 10'000 à 15'000 autres prisonniers, dont des résistants, y ont également péri, selon les données du musée du camp.

/ATS


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