Elections législatives au Bangladesh: victoire de la ligue Awami

La ligue Awami, au pouvoir au Bangladesh, a comme prévu remporté les élections législatives de dimanche, boycottées par le principal parti d'opposition (BNP). En enlevant 105 circonscriptions, le parti du premier ministre, Sheikh Hasina, est assuré d'une majorité supérieure aux deux tiers.

Le résultat du scrutin ne faisait aucun doute, la ligue Awami et ses alliés, se présentant sans adversaires dans 153 circonscriptions sur 300. Elle a remporté au moins 86 des 147 sièges restants sur 116 dont les résultats étaient connus lundi matin. Ses alliés ou des indépendants s'adjugent la différence.

Mais la mort d'au moins 18 personnes dans des émeutes qui auront vu des milliers de manifestants attaquer des centaines de bureaux de vote, saccagés ou détruits par le feu, élargit la fracture politique dans cette jeune démocratie qui a connu une vingtaine de coups d'Etat depuis son indépendance, en 1971.

Appel à la grève générale

Avant l'élection, les Etats-Unis, le Commonwealth et l'Union européenne s'étaient dit vivement préoccupés par le risque d'embrasement dans ce pays de 154 millions d'habitants, le huitième le plus peuplé du monde. Ils avaient renoncé à envoyer des observateurs, estimant que les conditions d'un scrutin libre et transparent n'étaient pas réunies.

L'opposition a décidé dimanche d'appeler à une reconduite de la grève générale jusqu'à mercredi pour protester contre "la farce électorale" et la répression qui a fait, selon elle, 22 morts dans ses rangs.

Gouvernement neutre réclamé

Le BNP réclamait la mise en place d'un gouvernement neutre et provisoire avant l'organisation d'élections, comme ce fut le cas dans le passé, mais le gouvernement a refusé.

Le Bangladesh a connu en 2013 les violences les plus meurtrières depuis sa création en 1971 à la suite de son indépendance du Pakistan. Selon une ONG, elles auraient fait jusqu'à 500 morts, dont 150 depuis le début au mois d'octobre des grèves, des manifestations et des blocages, organisés par l'opposition pour obtenir l'annulation du scrutin.

/ATS


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