Emeutes xénophobes: la police moscovite arrête 1200 personnes

Un raid anti-immigrés de la police moscovite a permis d'arrêter environ 1600 personnes lundi, après des émeutes xénophobes ayant fait huit blessés la veille dans une banlieue de la ville. Ces violences ont éclaté suite au meurtre en pleine rue d'un jeune Russe, la semaine dernière, par un homme identifié comme un Caucasien.

Le maire de Moscou Sergueï Sobianine a annoncé lundi de vastes opérations policières de contrôle des immigrés, après une réunion avec le président Vladimir Poutine. "Il a été décidé de mobiliser des forces supplémentaires pour ramener l'ordre, y compris les services de contrôle migratoire", a-t-il déclaré, cité par Interfax.

Quelque 1200 migrants ont été arrêtés dans l'entrepôt de légumes attaqué dimanche soir par les habitants, a dit le porte-parole de la police, Alexeï Chapkine. Selon lui, la police cherche à établir s'ils ont été impliqués dans un crime.

Environ 450 autres ont été placés en garde à vue dans un quartier du nord-est de la capitale, également près d'un marché de légumes employant des migrants. La télévision d'Etat a diffusé des images de dizaines d'hommes alignés contre des murs, surveillés par des policiers en tenue de camouflage.

Immigrés clandestins

Les accès au marché étaient bloqués par la police et des groupes d'habitants continuaient à exprimer leur mécontentement et leur hostilité aux migrants.

Sergueï Sobianine a précisé que les autres marchés de la capitale seraient aussi visés par des opérations policières. Le maire de Moscou a également annoncé des opérations de contrôle dans les immeubles de la ville pour rechercher des immigrés clandestins: "c'est indispensable pour comprendre l'ampleur du problème et aider la police à retrouver le criminel", a-t-il dit.

Emeutes à Birioulovo

Les habitants du quartier de Birioulovo s'étaient d'abord rassemblés pour réclamer l'arrestation du meurtrier et la fermeture du marché, mais la manifestation a dégénéré en émeute. Face à l'ampleur des troubles, les autorités ont mis en état d'alerte l'ensemble des forces policières de la capitale.

Changement de politique

Alexeï Navalny, un libéral aux accents nationalistes devenu l'opposant numéro un du président Poutine, a évoqué "d'autres Birioulovo" sans changement de politique. Il a reproché à Vladimir Poutine son refus de fermer la porte aux ressortissants de l'ex-URSS au nom des intérêts géopolitiques de Moscou.

Et les heurts dans la soirée entre émeutiers et policiers ont fait 23 blessés au total, dont huit ont été hospitalisés. Quelque 380 personnes ont été interpellées, dont deux maintenues en détention et 70 poursuivies pour infraction. L'auteur du meurtre à l'origine de l'émeute n'a pas encore été arrêté.

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