Des milliers d'Israéliens à l'enterrement d'Eyal, Naftali et Gilad

Israël a pleuré "les enfants de tout un peuple" en enterrant mardi les trois étudiants disparus et tués il y a près de trois semaines en Cisjordanie occupée. Leurs corps ont été retrouvés lundi aux environs de la localité de Halhoul, près de la route où ils ont été vus pour la dernière fois faisant de l'auto-stop.

"Vos assassins ont piétiné le commandement moral qui veut que l'on ne touche pas à un enfant", a affirmé le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Pour lui, cette journée est devenue celle du "deuil de trois enfants que tout le peuple d'Israël, sans les connaître, a appris à connaître pendant ces 18 jours".

Des dizaines de milliers d'Israéliens anonymes - religieux, laïcs, familles et soldats - ont rallié le petit cimetière de Modiin, entre Jérusalem et Tel-Aviv, pour assister aux funérailles. Ils ont entonné de poignants chants de lamentation lors de l'arrivée du convoi funèbre.

Les trois ambulances transportant les corps ont difficilement réussi à se frayer un chemin à travers la longue file humaine qui serpentait sur des centaines de mètres le long des sentiers de la forêt de Modiin, selon les images aériennes de la télévision.

Gouvernement au grand complet

Les trois jeunes, Eyal Yifrach, 19 ans, Naftali Frankel et Gilad Shaer, 16 ans tous les deux, étaient étudiants dans des écoles religieuses de colonies juives. Leur assassinat a provoqué un choc et une émotion considérables en Israël, pourtant habitué aux tragédies depuis le début de l'interminable conflit israélo-palestinien.

Face aux trois civières, les pères des trois jeunes ont prononcé en même temps "le Kadish", la prière des morts de la liturgie juive. L'ensemble du gouvernement israélien et de très nombreux députés étaient présents, habillés de noir et coiffés de la kippa.

Les trois jeunes ont ensuite été inhumés côte à côte, à l'abri des regards, dans trois fosses creusées dans la terre ocre du cimetière de Modiin.

"Tu reviens à la maison"

Plus tôt dans l'après-midi, les corps avaient été remis aux familles lors de trois cérémonies organisées simultanément dans les trois localités dont étaient originaires les adolescents.

"J'ai pu te parler juste avant que tu quittes la maison, j'ai entendu ta voix si paisible et aimante... Et maintenant tu reviens à la maison", a dit, ému aux larmes, le père de Gilad Shaar devant la dépouille de son fils enveloppé dans un drapeau israélien.

Au même moment à Elad, sur le littoral israélien, la famille d'Eyal Yifrah s'est recueillie et a prié autour de l'ambulance qui transportait la dépouille de leur fils. "Nous croyions si forts que tu rentrerais à la maison", a murmuré le père d'Eyal Yifrah.

/ATS


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