Heurts entre milices et manifestants à Benghazi: au moins 28 morts

Au moins 28 personnes ont été tuées et près de 60 autres blessées samedi à Benghazi lors d'affrontements entre une brigade d'ex-rebelles et des manifestants "anti-milices". Les protestataires veulent déloger les "milices" armées de leur ville, appelant les forces régulières à prendre le relais.

Des dizaines de manifestants, certains armés, se sont rassemblés devant le siège de la brigade "Bouclier de Libye" pour la déloger, provoquant un affrontement entre les deux groupes.

Les manifestants exigent la fin des milices, qui n'ont toujours pas rendu leurs armes près de deux ans après la chute de Mouammar Kadhafi.

Après plusieurs heures d'accrochages, les forces spéciales sont intervenues pour rétablir l'ordre et prendre possession du complexe, perdant cinq de leurs hommes, selon une source militaire.

Un médecin de l'hôpital central de Benghazi, la grande ville de l'est de la Libye, a indiqué avoir comptabilisé 28 morts au total et près de 60 blessés. Un précédent bilan faisait état de 25 morts et 70 à 80 blessés.

"Légitime"

La brigade "Bouclier de Libye", formée d'ancien rebelles ayant combattu le régime de Mouammar Kadhafi en 2011, relève formellement du ministère de la Défense. Les autorités libyennes, qui peinent à former une armée et une police professionnelles, ont régulièrement recours à ces ex-rebelles pour sécuriser les frontières ou s'interposer dans des conflits tribaux.

Le porte-parole de "Bouclier de Libye", Adel Tarhouni, a fait état de son côté d'un mort et de sept blessés au sein de sa brigade. M. Tarhouni a défendu "la légitimité" de sa brigade, rappelant qu'elle dépendait officiellement du ministère de la Défense.

Enquête

Ali al-Chikhi, porte-parole du chef d'état-major, a affirmé que Bouclier de Libye était "une force de réserve de l'armée libyenne" et que l'attaquer équivalait "à une agression contre une force légitime".

Le colonel al-Chikhi, cité par l'agence Lana, a qualifié de "très dangereuse" l'attaque contre la brigade, appelant toutes les parties à la retenue.

Dans la nuit de samedi à dimanche, le Premier ministre Ali Zeidan a annoncé que "Bouclier de Libye" avait quitté sa caserne et que l'armée régulière avait pris possession des lieux et contrôlait les armes lourdes qui s'y trouvaient.

/SERVICE


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