Immigration: premier constat d'échec des conservateurs britanniques

Le Parti conservateur britannique a reconnu dimanche qu'il ne sera sans doute pas en mesure de tenir sa promesse de réduire le solde migratoire annuel de la Grande-Bretagne à quelques "dizaines de milliers" de personnes. Cet aveu pourrait faire le jeu de l'UKIP aux prochaines élections.

"Il est peu probable que nous atteignions les dizaines de milliers à la fin de la législature", a reconnu sur la BBC Theresa May, ministre de l'Intérieur dans le gouvernement du Premier ministre David Cameron. "Pourquoi? Parce nous observons un nombre croissant de personnes venant de toute l'Europe, en partie parce que notre économie se porte mieux", a-t-elle déclaré.

C'est la première fois qu'un membre important du Parti tory fait un constat d'échec sur une question électorale considérée comme pouvant influencer l'issue du prochain scrutin.

Solde migratoire

Les conservateurs avaient promis de réduire le solde migratoire à quelques dizaines de milliers d'ici la fin de la législature. Ce solde s'est accru de 243'000 sur une période d'un an s'achevant en mars 2014 et de nouvelles données chiffrées attendues cette semaine devraient confirmer cette tendance à la hausse et non à la baisse.

Le constat de Theresa May pourrait peser en faveur du Parti de l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP) lors des législatives de mai 2015. Le parti d'extrême-droite a remporté les élections européennes en Grande-Bretagne en faisant campagne sur ce thème de l'immigration et obtenu un deuxième élu à la Chambre des communes jeudi à la faveur d'une élection partielle.

Cameron durcit le ton

Face à la percée de l'UKIP dans l'opinion publique, David Cameron , qui redoute la captation d'une partie de son électorat par la formation nationaliste, a récemment durci son discours sur l'immigration.

Cette question est liée à celle de l'avenir de la Grande-Bretagne au sein de l'Union européenne. M. Cameron a promis qu'en cas de victoire aux législatives, il renégocierait les traités d'union et qu'il organiserait en 2017 un référendum sur le maintien de son pays au sein de l'UE.

Il expliquait notamment qu'il profiterait de ces négociations pour imposer des quotas sur le nombre de ressortissants européens autorisés à entrer en Grande-Bretagne.

/ATS


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