Israël enterre son héros controversé

Israël enterre lundi ex-Premier ministre Ariel Sharon, "héros" populaire dans son pays mais "criminel de guerre" pour les Palestiniens. Le général Sharon sera inhumé à 14h00 (13h00 en Suisse) avec tous les honneurs militaires dans sa ferme familiale du sud d'Israël.

Il a souhaité y être enterré aux côtés de sa seconde épouse Lily. Ses deux fils, Gilad et Omri, ainsi que le chef d'état-major Benny Gantz prononceront les éloges funèbres.

Compte tenu de la proximité de Gaza contrôlée par le mouvement islamiste palestinien Hamas, l'armée, les services de sécurité et la police ont dépêché des renforts tout en élevant leur niveau d'alerte de crainte de tirs de roquettes. Des batteries du système antimissile mobile "Iron Dome" (Dôme de Fer) sont déployées dans le secteur.

"Nous avons pris en compte tous les scénarios possibles. L'armée est prête à réagir immédiatement en cas de besoin", a prévenu le chef de la police dans le sud du pays Yoram Halevy à la radio militaire.

Par précaution, le nombre de drones surveillant en permanence la bande de Gaza a été augmenté pour tenter de repérer d'éventuels combattants palestiniens en train de se préparer à tirer vers le sud d'Israël, a ajouté la radio.

Hommage national

Auparavant, un hommage national sera rendu à Ariel Sharon à partir de 09h30 (08h30 en Suisse) à la Knesset (Parlement) à Jérusalem, en présence des sommités de l'Etat et de délégations étrangères. Le vice-président américain Joe Biden et l'ex-Premier ministre britannique Tony Blair, émissaire du Quartette pour le Proche-Orient, y prononceront un éloge funèbre.

Le Département fédéral des affaires étrangères a annoncé dimanche que la Suisse sera représentée par l'ancien conseiller fédéral Samuel Schmidt.

Le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, actuellement en visite officielle, doit également prendre part à la cérémonie, à laquelle la plupart des pays n'ont toutefois dépêché que des représentants subalternes.

Le décès de l'ancien homme fort de la droite nationaliste, mort samedi à 85 ans après huit ans de coma, a plongé Israël dans une atmosphère de deuil national. Quelque 20'000 Israéliens de toute condition ont défilé dimanche devant son cercueil exposé devant le Parlement. Beaucoup regrettaient le charisme et la bravoure du 11e chef de gouvernement d'Israël.

/ATS


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