Italie: flop des contestataires de Grillo, boom de l'abstention

Les élections locales du week-end en Italie ont débouché sur un nouveau record d'abstention, confirmant la désaffection à l'égard de la classe politique. Le mouvement contestataire de Beppe Grillo a également connu un premier coup d'arrêt.

Il ne s'agissait que d'un premier tour concernant sept millions d'électeurs mais les résultats ont déjà dégagé une série d'enseignements: la participation a chuté à 62,4% dans les 563 villes petites et moyennes où le vote avait lieu, soit près de 15 points de moins qu'aux précédentes municipales.

Désaffection pour la politique

Dans les seize grandes villes, dont la capitale Rome, où des élections étaient organisées, l'affluence a été encore plus faible, à 56,2%, en recul de près de 20 points. Pour Massimo Franco du "Corriere della Sera", c'est le fruit d'une "désaffection pour la politique" et de "l'incapacité des partis à retrouver leur rôle".

Mais le Mouvement 5 Etoiles de l'ex-humoriste Beppe Grillo, antipartis, n'a cette fois-ci pas tiré profit de cette désaffection. Il est au contraire en perte de vitesse du nord au sud et n'a pas réussi à placer un seul de ses candidats au ballotage. L'an passé à la même époque, en pleine ascension, il avait remporté l'importante mairie de Parme lors d'autres municipales partielles.

Déception autour du M5

Pour le politologue Pierluigi Corbetta, spécialiste du M5S, en février sur les 25% de suffrages obtenus au niveau national, "10% avaient voté pour Grillo dans l'espoir qu'il apporte un changement, qui n'est pas arrivé, générant une forte déception".

L'autre leçon du scrutin est le score plus que décent du PD, dont est issu Enrico Letta à la tête du premier gouvernement gauche-droite de l'après-guerre.

Son parti a emporté dès le premier tour les mairies de Vicenza et Sondrio, ex-bastions de la Ligue du nord (droite), ainsi que Massa et Pise, en Toscane, se classant en outre en tête dans les onze villes où il y aura un deuxième tour les 9 et 10 juin.

A Rome, vers laquelle tous les regards étaient tournés, le candidat de la gauche Ignazio Marino a même fait mieux qu'escompté en s'adjugeant 42,7% et en distançant largement l'impopulaire maire sortant de droite Gianni Alemanno (30,2%).

Berlusconi en difficulté

Plusieurs politologues soulignent au passage que la poussée dans les sondages dont se targuait la droite de Silvio Berlusconi ne s'est pas confirmée. Celle-ci est au contraire en difficultés dans des bastions comme Brescia ou Trévise.

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