Kiev suspend le financement des régions séparatistes

Le gouvernement ukrainien a annoncé mercredi l'arrêt des financements publics destinés aux régions séparatistes de l'est de l'Ukraine, où le cessez-le-feu ne tient plus qu'à un fil. Kiev se préparait à une éventuelle offensive des rebelles prorusses, alors qu'un obus a provoqué deux morts près de Donetsk.

Le Premier ministre Arseni Iatseniouk a déclaré que l'Etat ukrainien, dont les caisses sont vides, ne financerait plus ces territoires, où les combats avec les insurgés ont fait plus de 4000 morts depuis le début du conflit en avril.

En revanche, l'Etat ukrainien ne coupera pas l'eau et le gaz à ces régions pour éviter une "catastrophe humanitaire", a ajouté M. Iatseniouk, revenant sur la menace brandie auparavant par Kiev.

Kiev va aussi supprimer la loi sur le "statut spécial" de la zone contrôlée par les rebelles qui leur promettait une large autonomie et autorisait notamment la formation de "milices populaires".

Nouvelles violences

Sur le terrain, la situation demeurait tendue. Deux personnes ont été tuées par un obus tombé sur le terrain de sport d'une école à Donetsk, ont constaté des journalistes de l'AFP. Quatre personnes ont été blessées, selon des témoins. L'un d'eux se trouvait dans un état grave.

Dans la matinée, des tirs d'artillerie et de lance-roquettes multiple Grad étaient entendus dans la zone de l'aéroport de Donetsk, toujours selon des journalistes de l'AFP. Une colonne de fumée noire s'élevait par ailleurs près du village de Piski, contrôlé par les forces ukrainiennes et situé tout près de l'aéroport.

Rencontre à Donetsk

Les responsables ukrainiens, russes et des représentants des séparatistes prorusses se sont entretenus mercredi dans un hôtel de Donetsk, en Ukraine, pour tenter de sauver le fragile cessez-le-feu, a annoncé un responsable de l'OSCE. Mais la réunion ne s'est pas traduite par des progrès tangibles.

Le "niveau de confiance" entre les parties concernées demeure "très bas", a indiqué à la presse le chef adjoint de la mission d'observation de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) Alexander Hug. "Le fait que les parties adverses discutent l'une avec l'autre est encourageant", a-t-il toutefois estimé.

La trêve dans l'Est de l'Ukraine qui ne tient plus qu'à un fil a permis une baisse d'intensité des combats mais le bilan des morts parmi les militaires et les civils continue de s'alourdir presque quotidiennement.

Le président ukrainien Petro Porochenko a déclaré la veille que son pays restait attaché au plan de paix mais se préparait à riposter une éventuelle offensive des rebelles, soutenus militairement par l'armée russe, selon Kiev notamment. Moscou pour sa part dément toute implication dans ce conflit.

/ATS


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