Klaus Iohannis remporte la présidentielle en Roumanie

Klaus Iohannis, 55 ans, est devenu le premier membre de la minorité allemande de Roumanie à accéder à la présidence de ce pays à l'issue du 2e tour de l'élection présidentielle. Selon les premiers résultats partiels, qui portent sur plus de trois quarts des bureaux de vote, il a recueilli 54,8% des voix, contre 45,2% pour M. Ponta.

Les premiers sondages à la sortie des urnes donnaient les deux candidats au coude à coude. "J'ai félicité M. Iohannis pour sa victoire. Le peuple a toujours raison", avait alors déclaré M. Ponta, qui était pourtant donné grand favori de l'élection.

"Chers Roumains, vous avez été fantastiques aujourd'hui. Nous avons observé une participation massive et je salue la diaspora", a déclaré le leader de la droite roumaine avant de rejoindre la foule dans le centre-ville de Bucharest. Il a assuré qu'il oeuvrerait pour consolider l'Etat de droit et défendre l'indépendance de la justice.

Klaus Iohannis apparaît atypique sur la scène politique roumaine: ex-professeur de physique, mal à l'aise devant les caméras, il s'est tenu à l'écart des polémiques alors qu'il était accusé de ne pas être un "vrai Roumain" du fait de ses origines allemandes. L'actuel maire de Sibiu a réussi à faire de cette ville de Transylvanie un centre touristique.

Participation record

La surprise est d'autant plus grande que les sondages réalisés entre les deux tours donnaient M. Ponta gagnant avec une avance de huit points. La mobilisation des jeunes aurait fait la différence, d'après les analystes.

Selon des chiffres préliminaires, le taux de participation s'est élevé à 61%, un record pour la Roumanie où la lassitude des électeurs face à la corruption et à la pauvreté n'a cessé de croître ces dernières années.

Diaspora écoeurée

Les sondages sortis des urnes n'avaient pas encore pris en compte les voix des Roumains de la diaspora (trois millions de votants), lesquels penchaient plutôt en faveur de M. Iohannis.

Leur mobilisation a été particulièrement forte et des milliers de Roumains attendaient toujours de pouvoir voter dimanche en fin de soirée à Paris, Londres ou Turin. Ils fustigeaient le gouvernement en place pour avoir refusé d'ouvrir davantage de bureaux de vote.

A Paris, des dizaines de Roumains furieux ont tenté de forcer la porte de l'ambassade de leur pays. La police française les en a empêchés en faisant usage de gaz lacrymogène, selon des témoins et la police.

/ATS


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