L'Europe cherche à faire la lumière sur l'affaire Snowden

La Commission européenne s'est déclarée mardi "préoccupée" par la révélation du programme américain Prism de surveillance des données téléphoniques et numériques. Elle demande des "éclaircissements" à Washington. La Suisse cherche elle aussi à faire la lumière sur les activités d'agents américains sur son sol.

"Des programmes tels que Prism, ainsi que les lois autorisant ce type de programme, mettent en danger le droit fondamental à la protection des données et à la confidentialité des données des citoyens européens", a déclaré le commissaire européen Tonio Borg devant le Parlement européen.

Cette affaire, qui révèle que les services secrets américains ont accès aux données transitant par des compagnies telles que Verizon, Google, Apple ou Facebook, sera évoquée avec "fermeté et détermination" lors d'une rencontre avec le gouvernement américain vendredi à Dublin, a précisé M. Borg.

Selon lui, elle "va renforcer les préoccupations des citoyens quand à l'utilisation de leurs données personnelles en ligne ainsi que dans l'informatique dématérialisée".

Colère en Allemagne

La colère monte également en Allemagne. La chancelière Angela Merkel abordera elle la question lors de la visite du chef de la Maison blanche à Berlin mercredi prochain.

"Clarifications" en cours en Suisse

Le Ministère public de la Confédération (MPC) a de son côté indiqué avoir connaissance de diverses enquêtes menées par des Etats étrangers en Suisse. "Diverses clarifications" sont en cours à ce sujet, a-t-il indiqué.

Lundi soir, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) avait indiqué avoir "demandé dans un courrier diplomatique adressé à l'ambassade des Etats-Unis à Berne des éclaircissements sur cette affaire".

Edward Snowden, l'homme à l'origine des fuites sur le programme Prism, a avoué dimanche avoir travaillé un temps à Genève pour la CIA. Il a raconté qu'un agent de la CIA a saoulé un banquier suisse pour le piéger et faciliter son recrutement afin de soutirer des informations bancaires secrètes.

Accusé de "trahison" par des élus américains, M. Snowden a été licencié par Booz Allen Hamilton Holding, un sous-traitant de l'Agence nationale de sécurité (NSA), qui a dénoncé mardi une "violation de l'éthique et des pratiques" de la société. Il était payé 122'000 dollars par an, précise-t-elle.

Le gouvernement américain a de son côté ordonné l'ouverture d'une enquête interne pour mesurer les dégâts causés par les révélations sur le programme Prism, a indiqué une source proche des services de renseignement.

L'ancien agent se terre désormais à Hong Kong après avoir quitté son hôtel identifié par la presse. Il envisage de demander l'asile politique en Islande.

De son côté, la Russie s'est déclarée prête à examiner une demande d'asile de l'Américain, a indiqué le porte-parole du Kremlin, Dmitri Pesko.

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