L'ONU condamne les abus en Syrie, Erythrée et Ukraine

Le Conseil des droits de l'homme a mis un terme à une session de trois semaines en condamnant les abus commis en Syrie, en Erythrée et en Ukraine. L'ONU a aussi demandé au Bélarus de libérer tous les prisonniers politiques.

Dans un texte sur "la détérioration grave et persistante de la situation des droits de l'homme et humanitaire" en Syrie, adopté par 32 voix contre cinq (Algérie, Chine, Cuba, Russie et Venezuela) et neuf abstentions, le Conseil s'est dit profondément préoccupé par le fait que des milliers de détenus, tant Syriens qu'étrangers, sont peut-être morts dans les prisons du régime de Bachar al-Assad du fait de la privation de nourriture et de la torture. Il a condamné les responsables de "telles atrocités" de même que l'utilisation de l'arme de la faim par le régime syrien.

Le Conseil a exigé de tous les groupes en Syrie qu'ils s'abstiennent d'exercer des représailles et de commettre des actes de violence, notamment de violence sexuelle et de torture, et a condamné le déni délibéré d'aide humanitaire aux civils, quels qu'en soient les auteurs.

Commission d'enquête sur l'Erythrée

Le Conseil des droits de l'homme a décidé de créer une commission d'enquête sur la situation en Erythrée. C'est la troisième commission d'enquête créée par le Conseil ces dernières années, après celles sur la Syrie et la Corée du Nord.

La résolution présentée par la France et la Somalie a été adoptée sans vote, malgré des réserves émises par la Chine, la Russie, le Pakistan et le Venezuela. La commission devra présenter son premier rapport à la session de mars 2015 du Conseil.

Cette résolution demande la fin du régime du service militaire à durée indéterminée. Elle dénonce aussi "la pratique consistant à 'tirer pour tuer' en usage aux frontières de l'Erythrée pour empêcher des Erythréens de fuir leur pays".

Selon l'ONU, près de 4000 Erythréens, sur une population d'environ cinq millions d'habitants, fuient depuis le début de l'année chaque mois leur pays.

Ukraine: Moscou isolé

Le Conseil des droits de l'homme a, en outre, condamné les violences et les abus commis par "des groupes armés illégaux" en Ukraine. La résolution a été adoptée par 23 voix contre quatre et 19 abstentions. La Russie avait demandé le vote en dénonçant un texte déséquilibré. Moscou n'a trouvé le soutien que de la Chine, de Cuba et du Venezuela pour s'opposer au texte.

La résolution appelle aussi à mettre fin à tout acte discriminatoire en Crimée, envers les personnes appartenant à des minorités, et à respecter les droits de tous les habitants de la Crimée. Elle demande à la Haut Commissaire aux droits de l'homme de continuer à faire rapport sur la situation des droits de l'homme en Ukraine.

/ATS


Actualisé le

 

Actualités suivantes