L'ONU dénonce une situation de totale impunité en Syrie

La commission d'enquête de l'ONU a accusé mercredi le Conseil de sécurité d'inaction dans le conflit en Syrie. La situation de totale impunité a conduit à l'escalade des crimes perpétrés par les belligérants.

"L'impunité totale qui caractérise le conflit est tout à fait inacceptable. Les dirigeants de chaque camp doivent être tenus responsables des abus perpétrés", a déclaré à Genève le président de la commission d'enquête Paulo Pinheiro.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a échoué à lutter contre l'impunité. "Une telle inaction a conduit à la prolifération d'acteurs et à la radicalisation et à l'escalade des violences", selon la commission.

Elle appelle les dirigeants de chaque camp et les Etats qui exercent de l'influence sur les belligérants en Syrie à respecter et à faire appliquer le droit international humanitaire.

Malnutrition et famine

Les attaques à grande échelle et les sièges de zones résidentielles par les forces gouvernementales ont conduit ces derniers mois à des pertes massives, à la malnutrition et à la famine, selon le septième rapport de la commission d'enquête de l'ONU depuis sa création en août 2011.

Plus de 250 000 personnes sont assiégées et bombardées sans accès à l'aide humanitaire, à la nourriture et aux soins médicaux. "Le gouvernement instrumentalise les besoins élémentaires en eau, nourriture, abris et soins médicaux dans le cadre de sa stratégie militaire", accuse le rapport.

"Le refus de l'aide humanitaire, dont l'aide alimentaire, a été pratiqué de manière prolongée dans plusieurs régions et a conduit à la malnutrition et à la famine", indique le document. Le texte rappelle que "l'usage de la famine comme arme de guerre est interdit".

Actes de torture

Des groupes armés de l'opposition ont aussi encerclé des villages et refusé l'accès des convois humanitaires à ces zones, selon la commission. Le rapport dresse une longue liste d'atrocités commises entre juillet 2013 et janvier 2014 sur la base notamment de 563 entretiens.

Pour la première fois, la commission a identifié des groupes armés qui ont commis des actes de torture dans la province d'Al-Raqqah. Elle dénonce aussi le recrutement de plus en plus fréquent d'enfants par ces groupes armés.

/ATS


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