L'Ukraine tournée vers la présidentielle, Obama interpelle Poutine

L'Ukraine s'est tournée vendredi vers la présidentielle du 25 mai, après l'annonce de la candidature de l'ex-première ministre Ioulia Timochenko. La tension reste élevée avec la Russie, que Barack Obama a exhortée à retirer ses troupes le long de la frontière.

Le président américain a tenu sur la chaîne "CBS" des propos durs envers son homologue russe Vladimir Poutine, l'accusant de "rancune au sujet de ce qu'il considère comme la perte de l'Union soviétique".

Kiev estime que 100'000 soldats russes stationnent près de sa frontière orientale, où elle craint une répétition du scénario qui a permis en seulement trois semaines le rattachement de la Crimée à la Russie.

La diplomatie russe accuse les dirigeants occidentaux d'être mal informés ou de mauvaise foi. "Quatre inspections internationales menées en mars (par l'OSCE) en Russie avec des représentants de l'Allemagne, de la Suisse, Belgique, France et Ukraine n'ont découvert aucun 'préparatif agressif'", a souligné le ministère des Affaires étrangères.

Moscou critique la Suisse

La Russie a aussi critiqué les mesures prises par les Etats occidentaux dans le cadre de la crise. La Suisse a été fustigée pour ses décisions "injustifiées et contreproductives". La position du Conseil fédéral ignore la réalité et les explications russes, selon un communiqué du ministère.

Son point de vue "marqué de préjugés" n'est pas compatible avec la neutralité suisse et les relations amicales prévalant entre les deux pays, dit aussi le document. Moscou reproche en particulier à Berne le gel des exportations de matériel militaire helvétique vers la Russie.

Le Kremlin a adopté des mesures de rétorsion contre "certains pays occidentaux" outre les Etats-Unis. Son avertissement semble viser des Etats de l'UE, mais pas l'Union dans son ensemble. étrangères.

Mesures d'austérité

A Kiev, la course s'accélère en vue du scrutin présidentiel du 25 mai. Les candidats ont jusqu'à dimanche pour se déclarer. Avec la candidature de Ioulia Timochenko, la bataille s'annonce rude entre les chefs de file du mouvement pro-européen, en tête dans les enquêtes d'opinion.

Sur le front économique, le gouvernement ukrainien doit mettre en place des mesures d'austérité très strictes afin d'honorer les conditions du prêt de 27 milliards de la communauté internationale. Le prix du gaz pour les ménages augmentera de 50%, tandis que les retraites et traitements des fonctionnaires seront gelés.

/ATS


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