L'avocat français Jacques Vergès est mort

L'avocat français Jacques Vergès, l'un des plus controversés et redoutés du barreau parisien, est mort jeudi à Paris à l'âge de 88 ans, a-t-on appris auprès du Conseil national des barreaux (CNB) et de son éditeur. Il avait notamment défendu le criminel de guerre nazi Klaus Barbie.

Me Jacques Vergès est mort d'un arrêt cardiaque vers 20h00 dans la chambre de Voltaire, précisément quai Voltaire à Paris, alors qu'il s'apprêtait à dîner avec ses proches, selon un communiqué des éditions Pierre-Guillaume de Roux, qui avaient publié ses mémoires en février.

"On savait que c'était ses derniers jours, mais on ne pensait pas que ça viendrait aussi vite", a dit Christian Charrière-Bournazel, président du Conseil national des barreaux.

Il a rendu hommage à Me Vergès, "un très brillant avocat, avec une grande culture (...), très courageux et très indépendant", mais aussi "très narcissique", un "provocateur" qu'il avait affronté aux côtés des parties civiles lors du procès du nazi Klaus Barbie que défendait Me Vergès.

Lutte anticolonialiste

Né le 5 mars 1925 - mais un an plus tôt selon un biographe - dans l'actuelle Thaïlande (à Ubon Ratchathani), d'un père français de la Réunion et d'une mère vietnamienne, morte lorqu'il avait trois ans, Jacques Vergès a été à la pointe des luttes anti-colonialistes.

Prenant pour cibles l'Etat, la société ou la Justice pour défendre une cause autant qu'un client, cet avocat médiatique et narcissique, fin lettré, petit et rond, aimait provoquer et déstabiliser.

La liste de ses clients était impressionnante. Il a notamment défendu Klaus Barbie, le "révolutionnaire" Carlos ou le Khmer rouge Khieu Samphan, mais aussi les membres des mouvements d'extrême-gauche européens (Fraction armée rouge, Action directe), les activistes libanais Georges Ibrahim Abdallah et Anis Naccache, le dictateur serbe Slobodan Milosevic et des dirigeants africains.

/SERVICE


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