L'écotaxe suspendue en France pour la grande joie des routiers

La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a annoncé jeudi la suspension "sine die" du péage de transit poids lourds. La décision a réjoui les fédérations de transporteurs routiers mais suscité la colère des Verts, de l'UMP et d'Ecomouv, chargé de la mise en place du projet.

Mme Royal a indiqué que sa priorité "reste le prélèvement du profit des autoroutes. C'est quand même le bon sens et c'est un principe pollueur-payeur", a-t-elle dit. Expliquant sa décision de suspendre la dernière mouture du projet d'écotaxe sur les poids lourds, la ministre a mis en avant les difficultés économiques rencontrées, selon elle, par les transporteurs.

"Pour être appliquée dans les entreprises, celles-ci doivent changer totalement leur système informatique" et "les entreprises ont alerté sur le fait qu'il fallait équiper tous les camions et que cela représentait un coût", a-t-elle dit. "La priorité aujourd'hui, c'est l'emploi", a encore souligné la ministre.

Le Premier ministre Manuel Valls a salué une "décision sage", le dispositif étant devenu "incompréhensible", selon lui.

Mouvement annulé

Les fédérations de transporteurs routiers ont aussitôt annulé leur mouvement. "Mme Royal a écouté ce que les transporteurs routiers avaient à lui dire de la crise économique qu'ils sont en train de traverser, de l'insupportabilité de l'écotaxe en raison de sa complexité", a dit sur France Info Gilles Mathelié-Guinlet, délégué général de leur organisation syndicale.

Les transporteurs précisent avoir également obtenu qu'une réflexion soit lancée pour une refonte du financement des infrastructures et sur un plan de compétitivité pour le secteur.

Verts et Ecomouv scandalisés

Mais les écologistes ont déploré ce nouveau recul, qu'ils assimilent à une victoire "des lobbies routiers". Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), s'est dite "tout simplement scandalisée" par cette annonce.

Quant à Hervé Mariton, député et candidat à la présidence de l'UMP, il a estimé que "le piteux abandon de l'écotaxe est le résultat d'un grand désastre pédagogique, d'une grande lâcheté de la part du gouvernement, d'une grande incurie de gestion. (...) C'est un désastre ruineux et stupide", a-t-il dit à l'AFP.

/ATS


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