La Pologne demandera l'accès au rapport du Sénat sur la CIA

Le parquet de Cracovie, en Pologne, demandera l'accès au rapport du Sénat américain sur les interrogatoires violents de la CIA de membres suspectés d'Al-Qaïda. Ces pratiques ont cessé en 2003 sur sol polonais à la suite de pressions de Varsovie, selon l'ex-président Aleksander Kwasniewski.

L'ancien chef d'Etat polonais a du même coup confirmé que ce procédé a bien été pratiqué en Pologne par des agents de l'agence américaine d'espionnage CIA. Jusque-là, les autorités polonaises en place n'avaient jamais admis officiellement avoir accueilli des prisons secrètes de la CIA.

M. Kwasniewski avait donné son accord à cette "coopération renforcée dans le domaine du renseignement". Interviewé par la radio TOK FM, au lendemain de la publication d'un rapport accablant par le Sénat américain, il a affirmé qu'au départ, la Pologne ignorait les faits de torture. Il s'agissait à ses yeux seulement de créer des "sites secrets".

"Que les Américains mènent ces activités d'une manière si secrète a suscité des inquiétudes. Du coup, les autorités polonaises ont agi pour y mettre fin, et ces activités ont été arrêtées, sous la pression de la Pologne", a-t-il dit.

Membre de l'OTAN

Président de la Pologne de 1995 à 2005, M. Kwasniewski a raconté avoir exposé cette question au président George W. Bush en 2003. Selon lui, le chef de l'exécutif américain avait défendu les activités de la CIA, affirmant qu'elles apportaient "d'importants bénéfices en matière de sécurité".

Mais "j'ai dit à Bush qu'il fallait que cette coopération se termine et elle s'est terminée", a ajouté l'homme politique polonais. M. Kwasniewski a défendu son accord initial. Il a rappelé la mort de près de 3000 Américains dans les attentats du 11 décembre et le contexte de "la guerre contre le terrorisme déclarée par l'OTAN, dont la Pologne est membre".

Original réclamé

Quant à la justice polonaise, elle va demander "à la partie américaine de nous envoyer l'original de ce document", a déclaré le porte-parole du parquet Piotr Kosmaty. "C'est un premier document d'un organe d'État américain d'un si haut rang, si bien que le parquet de Cracovie voudrait bien s'en servir pour son enquête", a-t-il ajouté.

/ATS


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