La justice ordonne à Dieudonné de modifier ses vidéos

La justice française a ordonné à Dieudonné de retirer deux passages d'une vidéo diffusée sur Youtube où il fait notamment l'apologie du négationnisme, selon une décision consultée par l'AFP. L'humoriste controversé a été condamné à plusieurs reprises pour antisémitisme.

Saisi en référé, procédure d'urgence de la justice française, le tribunal de grande instance de Paris a estimé qu'un premier passage de la vidéo intitulé "2014 sera l'année de la quenelle" (ce geste du bras tendu vers le bas, l'autre touchant l'épaule qu'il a popularisé), constituait une contestation de crimes contre l'humanité. Il a considéré que le second passage de la vidéo était une provocation à la haine raciale.

L'Union des étudiants juifs de France (UEJF), à l'origine de la plainte visant à obtenir le retrait de cette vidéo, va désormais saisir la justice "pour que les poursuites pénales qui s'imposent soient engagées" contre Dieudonné.

Dans la vidéo litigieuse, Dieudonné déclarait notamment: "je suis né en 66, donc j'étais pas né (pendant la Seconde Guerre mondiale) moi les chambres à gaz, j'y connais rien, si tu veux vraiment je peux t'organiser un rencard (rendez-vous) avec Robert", en allusion à l'historien négationniste français Robert Faurisson.

Tester les limites

Ce passage reprenait un extrait de son spectacle "Le Mur", interdit dans plusieurs villes françaises en raison notamment de ses passages jugés antisémites.

La justice considère que "l'humour invoqué" par la défense de Dieudonné "n'apparaît que comme le moyen de véhiculer publiquement des convictions en 'testant les limites de la liberté d'expression', en l'espèce dépassées, et non comme le ressort d'un sketch comique et provocateur dont les excès pourraient être admis".

Amendes non payées

Condamné à plusieurs reprises pour injures raciales, Dieudonné ne s'est acquitté d'aucune des amendes (pour 65'000 euros au total, soit 80'000 francs) auxquelles il a été condamné. Comique qui a connu son heure de gloire dans les années 1990, il est également visé par une enquête préliminaire pour organisation frauduleuse d'insolvabilité, blanchiment et abus de biens sociaux.

/ATS


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