La justice russe remet l'opposant Navalny en liberté surveillée

La justice russe a remis vendredi en liberté surveillée l'opposant Alexeï Navalny. Sa condamnation la veille à cinq ans de camp, qui a provoqué de vives réactions, risquait de faire perdre toute légitimité à l'élection du maire de Moscou en septembre.

Le tribunal de Kirov (900 km à l'est de Moscou), où la peine avait été prononcée et où l'opposant et candidat à l'élection du maire de Moscou avait été immédiatement incarcéré, a accédé à la demande formulée à la surprise générale jeudi soir par le Parquet.

Alexeï Navalny, en pantalon et t-shirt noir, qui assistait à l'audience dans une cage en verre au côté de son co-accusé Piotr Ofitserov, ont été libérés immédiatement, après une nuit en détention.

Critique

Ils sont en liberté surveillée jusqu'à l'entrée en vigueur définitive de leur peine, c'est-à-dire l'examen en appel, dont la date n'a pas été fixée. L'avocat et blogueur de 37 ans, connu pour sa traque des faits de corruption, s'est précipité vers son épouse, Ioulia, pour l'enlacer.

Sa condamnation la veille a provoqué de vives réactions occidentales, notamment des Etats-Unis qui se sont dits "profondément déçus" et ont vu dans l'affaire des "motifs politiques".

Election attendue

La remise en liberté d'Alexeï Navalny a clairement été liée par le tribunal à des questions électorales. "Le tribunal de première instance n'a pas pris en compte le fait que Navalny était enregistré comme candidat à l'élection du maire de Moscou, et que son maintien en détention le place en situation inégale face aux autres candidats", a déclaré le juge.

Alexeï Navalny s'est porté candidat à cette élection lors de laquelle le maire sortant Sergueï Sobianine, un proche de Vladimir Poutine nommé par décret en 2010, comptait asseoir sa légitimité. Sa candidature avait été officiellement acceptée mercredi par la commission électorale.

La condamnation d'Alexeï Navalny a provoqué des manifestations de milliers de personnes à Moscou, Saint-Pétersbourg et dans d'autres villes jeudi soir. A Moscou, où jusqu'à 20'000 personnes ont manifesté (2500 selon la police), environ 200 personnes ont été interpellées dans la nuit. La plupart ont été relâchées.

/SERVICE


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