Israël doit s'attendre à une "longue campagne" à Gaza

Israël doit se préparer à la perspective d'une "longue campagne" dans la bande de Gaza, a déclaré lundi le Premier ministre israélien Benjamin Netanhayu. L'opération "Bordure protectrice" a tué au moins 1037 Palestiniens et en a blessé 6200 autres. Quarante-huit soldats et trois civils israéliens sont également morts, au vingtième jour d'une guerre dont Barack Obama a demandé l'arrêt, mais que soutiennent 87% d'Israéliens.

Toute solution à la crise actuelle nécessitera la démilitarisation de la bande de Gaza contrôlée par le Hamas, a dit le chef du gouvernement israélien lors d'une allocution télévisée.

Cinq soldats israéliens ont été tués lundi dans des combats dans ou à proximité de la bande de Gaza. Plusieurs médias israéliens avaient auparavant affirmé qu'il s'agissait de civils tués dans le kibboutz Be'eri. Le bilan des pertes civiles reste donc de trois morts, deux Israéliens et un ouvrier agricole thaïlandais fauchés par des roquettes.

Infiltration vers un kibboutz

Le mouvement islamiste a par ailleurs annoncé avoir tué dix soldats israéliens dans une autre opération avant de repartir sans encombre vers l'enclave palestinienne. L'armée israélienne a confirmé l'infiltration de combattants palestiniens sur le territoire hébreu depuis Gaza.

Elle a annoncé avoir tué cinq Palestiniens qui s'étaient approchés de Nahal Oz, un kibboutz du sud d'Israël dont les habitants, enfermés chez eux, craignaient une infiltration, a déclaré à l'AFP une source des services de sécurité israéliens.

Polémique sur la mort de sept enfants

Dans Gaza, Tsahal a demandé lundi en soirée à la population civile habitant les alentours de l'agglomération de Gaza (Chajaya, Zeitoun et est de Jabaliya) d'évacuer "immédiatement" ses foyers pour se rendre dans le centre de cette ville palestinienne, selon un communiqué militaire.

Cet avertissement présage de nouveaux bombardements alors que sept enfants ont déjà été tués dans le camp de réfugiés de Chati. Les deux parties se renvoient la responsabilité de cet énième drame sanglant. Pour des sources médicales palestiniennes, il s'agit de frappes aériennes de l'armée israélienne, qui met, elle, en cause des tirs à la roquette ratés par le camp adverse.

"C'est l'Aïd du sang"

La guerre dans l'enclave continue d'avoir des répercussions en Cisjordanie et à Jérusalem-Est occupés, où les heurts sont quotidiens. Lundi sur l'esplanade des Mosquées dans la Vieille ville de Jérusalem, quelque 45'000 fidèles ont prié pour les morts de Gaza, selon un photographe de l'AFP.

La célébration lundi de la fin du ramadan s'annonçait sinistre pour les 1,8 million d'habitants de la bande côtière. Pas de grandes réunions de famille, seulement des visites au cimetière et à l'hôpital. "C'est l'Aïd du sang", estime Abir Chamali qui a perdu son fils de 16 ans.

"Au nom de l'humanité, la violence doit s'arrêter", a exhorté le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. Et le secrétaire d'Etat John Kerry a répété que toute résolution du conflit "durable et significative, doit mener au désarmement du Hamas".

/ATS


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