Le Premier ministre attendu de pied ferme par les manifestants

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan doit rentrer jeudi en Turquie après trois jours de visite au Maghreb. Il est attendu de pied ferme par des dizaines de milliers de manifestants qui exigent toujours sa démission au septième jour de leur mouvement.

De retour de Tunis, le chef du gouvernement islamo-conservateur retrouve son pays toujours en pleine agitation, au lendemain d'une journée de forte mobilisation syndicale et de nouveaux affrontements entre la police et les contestataires à Ankara.

Depuis le début vendredi de la fronde sans précédent qui le vise, M. Erdogan a affiché, à l'inverse du président Abdullah Gül et du numéro 2 de son gouvernement Bülent Arinç, une fermeté sans faille face aux "extrémistes" qui lui reprochent sa dérive autoritaire et l'accusent de vouloir islamiser la société turque.

En visite lundi à Rabat, le Premier ministre avait défié les manifestants en affirmant que la crise était "en train de se calmer". "A mon retour de cette visite, les problèmes seront réglés", avait-il lancé, provocateur.

Mercredi, des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans les rues des grandes villes du pays à l'appel de deux puissantes centrales syndicales de gauche, pour exiger la démission de M. Erdogan. A Ankara, la police a fait une nouvelle fois usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau pour disperser des milliers de manifestants.

Aucun incident violent n'a par contre été signalé dans la nuit à Istanbul, pour la première fois depuis le début de la contestation née du refus d'un projet d'aménagement urbain de la place Taksim, au coeur de la mégapole turque.

Deux morts et des milliers de blessés

Deux personnes, des manifestants, ont été tués depuis le début du mouvement et 4177 autres blessés, dont 61 très gravement, dans le pays, a rapporté mercredi soir le secrétaire général du syndicat des médecins d'Istanbul. Le dernier bilan des autorités faisait état de "plus de 300" blessés à peine.

L'usage jugé excessif de la force par la police turque a continué à susciter de nombreuses critiques, notamment à l'étranger.

/SERVICE


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