Le président Djotodia présentera sa démission jeudi

Le président centrafricain par intérim Michel Djotodia présentera jeudi sa démission, ont indiqué mercredi des sources à Bangui et Paris. Il aurait cédé à la pression de ses pairs africains afin de faciliter une sortie de crise.

Son départ sera entériné lors d'une réunion au sommet de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEDEAO) convoquée à N'Djamena, au Tchad, ont ajouté ces sources. "C'est terminé pour lui maintenant", a dit un membre de l'entourage de Michel Djotodia.

Un haut responsable de la diplomatie française a déclaré à Paris que le président tchadien Idriss Déby, jusqu'ici soutien du président centrafricain par intérim, avait lâché son protégé.

La présidence centrafricaine a toutefois assuré que le départ de Michel Djotodia - vivement critiqué par la communauté internationale pour son incapacité à mettre un terme aux violences - "n'était pas à l'ordre du jour".

Après le renversement de François Bozizé en mars dernier, Michel Djotodia a progressivement perdu le contrôle des combattants de la Séléka, essentiellement musulmans, qu'il commandait et son maintien au pouvoir fait débat.

Violences récentes

Les exactions des Séléka ont conduit à l'émergence de milices chrétiennes baptisées anti-balaka, provoquant des affrontements interethniques qui ont incité la France à lancer l'opération Sangaris il y a un mois.

Après trois semaines d'interruption, le Programme alimentaire mondial (PAM) a lui pu reprendre les distributions de vivres aux quelque 100'000 personnes réfugiées à l'aéroport international de Bangui, capitale de la Centrafrique. La situation continue de se détériorer dans le nord-ouest.

Interrompues en raison de l'insécurité, les distributions ont repris mardi sans incident et se sont poursuivies mercredi, a précisé l'agence de l'ONU. Le premier jour, quelque 5490 personnes ont reçu des rations alimentaires. Le PAM et ses partenaires soulignent qu'il faudra une dizaine de jours pour distribuer des rations alimentaires à toutes les personnes installées sur ce site.

Vaccination d'urgence

De leur côté, l'UNICEF et Médecins sans frontières (MSF) ont commencé à vacciner d'urgence des enfants dans les principaux camps de déplacés de la capitale centrafricaine, Bangui, qui pourraient faire face à une "catastrophe" en cas de propagation de maladies mortelles.

La campagne de vaccination lancée par l'UNICEF cible plus de 210'000 enfants, notamment contre la rougeole et la polio. MSF a de son côté entamé la vaccination de 68'000 enfants dans cinq camps de Bangui, selon un communiqué publié mercredi. Tous les enfants âgés de six mois à 15 ans sont concernés, soit 40 % de la population totale des camps.

Près d'un million de personnes ont été déplacées à l'intérieur du pays, selon les estimations de l'ONU, dont plus d'un demi-million de personnes dans la capitale, soit les deux tiers de la population de Bangui.

/ATS


Actualisé le

 

Actualités suivantes