Le président kényan annonce la fin du siège sanglant du Westgate

Le président kényan Uhuru Kenyatta a annoncé mardi soir la fin du siège du centre commercial Westgate de Nairobi, après quatre jours d'un carnage qui a fait au moins 67 morts. Il a affirmé que les forces de sécurité avaient "vaincu" le commando islamiste qui occupait le site.

Il est cependant difficile de dire avec certitude, après l'allocution télévisée du chef de l'Etat, si les opérations des forces de sécurité sont définitivement terminées ou si des jihadistes ont pu leur échapper.

"Nous avons été durement touchés, mais nous avons été braves, unis et forts," a déclaré le président kényan. "Nous avons regardé le mal dans les yeux et nous avons triomphé", a-t-il ajouté.

Faisant état de "pertes immenses" pour le pays, M. Kenyatta a annoncé un deuil national de trois jours à compter de mercredi, au cours duquel "les drapeaux seront en berne".

Grenades lancées dans la foule

Un commando islamiste de dix à quinze hommes armés et masqués avait pénétré samedi à la mi-journée dans le Westgate, l'un des centres commerciaux les plus huppés de la capitale kényane.

Les assaillants avaient lancé des grenades et tiré à l'arme automatique sur les employés du centre commercial et la foule de Kényans et d'expatriés venus faire leurs courses du week-end. Ils se sont ensuite retranchés dans le dédale de magasins, d'où ils résistaient, depuis, aux forces de l'ordre.

L'attaque du Westgate avait été rapidement revendiquée par les insurgés islamistes somaliens shebab. Selon leurs dires, ils agissaient en représailles à l'intervention militaire kényane en Somalie, lancée fin 2011.

Suissesse blessée

Un bilan encore provisoire du président Kenyatta fait état de 61 civils et six membres des forces de sécurité tués. "Durant l'opération, trois étages du centre commercial Westgate se sont (partiellement) effondrés et des corps sont toujours bloqués", a encore précisé le chef d'Etat, laissant entendre que le bilan pourrait encore s'alourdir.

Le centre kényan de gestion des crises a rappelé que 175 personnes ont en outre été blessées, dont une Suissesse. Au cours de plus de trois jours de siège, "cinq terroristes ont été tués", a encore dit le président kényan, ajoutant que 11 "suspects (étaient) en détention". "Ces lâches affronteront la justice, tout comme leurs complices et leurs chefs, où qu'ils se trouvent", a-t-il promis.

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