Le président ukrainien en congé maladie, l'opposition combative

Le bras de fer continue entre le président ukrainien et l'opposition. En congé maladie depuis jeudi matin, Viktor Ianoukovitch estime que les protestataires enveniment la situation alors que ceux-ci l'accusent d'avoir violé la Constitution lors d'un vote au Parlement.

L'Ukraine est en en pleine crise politique après deux mois de contestation. Mardi, le gouvernement a démissionné. Mercredi soir, le Parlement a adopté une loi d'amnistie pour les dizaines de manifestants interpellés en deux mois.

Cette loi est assortie toutefois de conditions perçues comme une sorte de nouvel ultimatum aux insurgés. Car pour appliquer l'amnistie, les manifestants devront d'abord avoir évacué dans les 15 jours les rues, places et bâtiments administratifs occupés à Kiev et dans plusieurs régions du pays. Des conditions rejetées par les leaders de l'opposition.

Nouveau rebondissement jeudi matin avec l'annonce de l'indisponibilité du président Ianoukovitch. Il souffre d'une "maladie respiratoire aiguë" accompagnée d'une "forte fièvre", a précisé son service de presse. Les fonctions de chef de gouvernement sont exercées à titre provisoire par le vice-premier ministre, Serkiy Arbouzov.

Plus tard dans la journée, le président a cependant accusé l'opposition d'"envenimer la situation" pour avoir appelé la population à continuer de manifester "en raison des ambitions politiques de quelques-uns de ses dirigeants".

Un responsable de l'administration présidentielle, Andriy Portnov, a par ailleurs précisé au sujet des conditions de l'amnistie que les manifestants pourraient continuer de se réunir sur la Place de l'Indépendance à Kiev "pour y protester pacifiquement".

"Chantage sur les députés"

En début de soirée, les trois dirigeants de l'opposition ont accusé le président ukrainien d'avoir violé la Constitution pour avoir exercé un chantage sur les députés de son parti lors du vote de la loi d'amnistie aux manifestants d'opposition arrêtés.

Lieu symbolique et névralgique de la contestation, la place de l'Indépendance est occupée depuis deux mois nuit et jour. L'endroit parsemé de tentes et de braseros est aussi hérissé de hautes barricades. Sur place, les militants ne donnent aucun signe de vouloir partir malgré le froid perçant.

/ATS


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