Le procès du dirigeant Bo Xilai a repris en Chine

Le procès pour corruption de Bo Xilai a repris samedi après deux jours durant lesquels le dirigeant a contesté les charges à son encontre. L'accusé encourt la sentence capitale. Selon des experts, il devrait sauver sa tête mais se voir infliger une longue peine de réclusion.

Le président de la Cour a annoncé la reprise de l'audience, a indiqué sur son microblog le tribunal populaire de Jinan, dans l'est de la Chine. M. Bo, 64 ans, est au coeur d'un retentissant scandale politique. Il est poursuivi pour corruption, détournement de fonds et abus de pouvoir.

Jeudi et vendredi, il a rejeté en bloc les éléments à charge avancés par le procureur, selon la transcription des débats publiée sur le microblog du tribunal. Les autorités contrôlent étroitement ce procès sensible qui s'achèvera, de l'avis général des experts, par l'annonce d'un verdict préalablement décidé par la direction communiste.

L'audience semble respecter en apparence les principes d'un débat contradictoire entre l'accusation et la défense. Les comptes rendus des échanges sont fournis par le tribunal, sous forme de communiqués réguliers ou de microblogs. Cette transparence inédite est à relativiser par le fait que la presse étrangère n'a pas accès à la salle d'audience.

Selon les analystes, ce procès sert aussi la propagande du régime communiste qui affiche sa volonté de se conformer aux règles d'un Etat de droit. "Il ne s'agit ni d'un procès politique, ni d'un procès moral. C'est un procès fondé sur le droit", a ainsi affirmé samedi dans un éditorial le journal "Global Times".

Bo Xilai est un ancien membre du puissant Bureau politique du Parti communiste. Il est accusé d'avoir reçu en pots-de-vin, avec son épouse et leur fils, l'équivalent de 3,3 millions de francs de deux hommes d'affaires, Tang Xiaolin et Xu Ming, proches du couple.

Il doit également répondre du détournement de cinq millions de yuans (755'000 francs) de fonds publics et d'abus de pouvoir pour entraver une enquête criminelle visant son épouse. Celle-ci a été reconnue coupable en août 2012 de l'assassinat d'un homme d'affaires britannique.

/SERVICE


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