Le propriétaire du "trésor de Munich" veut récupérer ses tableaux

L'octogénaire allemand Cornelius Gurlitt chez qui les douanes ont retrouvé plus de 1400 oeuvres d'art vraisemblablement volées par les nazis, se dit décidé à se battre pour garder "ses" toiles. Il affirme que son père n'a rien extorqué aux Juifs.

Dans une interview accordée au magazine "Der Spiegel", la première depuis que l'affaire a éclaté il y a deux semaines, le collectionneur âgé de 80 ans raconte avoir aidé son père, un marchand d'art qui a travaillé pour Adolf Hitler, à emporter les tableaux loin de Dresde écrasée sous les bombes à la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

Décrivant le fabuleux trésor comme "l'amour de sa vie", Cornelius Gurlitt dit que s'en séparer a été "plus douloureux" que la perte de son père, Hildebrand, de sa mère et de sa soeur. "Je n'ai rien aimé autant que mes tableaux pendant toute ma vie (...) mais heureusement tout cela sera bientôt mis au clair et je pourrai les récupérer."

Héritage légal

Le vieil homme assure qu'il n'a aucune intention de restituer certains des tableaux aux survivants de la barbarie nazie ou à leurs héritiers dans la mesure où, selon lui, il en a hérité légalement et ne s'est résolu à en vendre quelques-uns que lorsqu'il avait besoin d'argent pour vivre ou se soigner, ne touchant pas de pension de retraite.

Cornelius Gurlitt a été intercepté par des douaniers alors qu'il franchissait la frontière suisse avec une grosse somme d'argent liquide en 2010, ce qui a conduit à la perquisition dans son appartement de Munich au début de l'année dernière.

Ses tableaux ont été saisis. On pensait certains détruits depuis la guerre, d'autres étaient encore inconnus. La valeur totale de la collection comprenant notamment des Picasso, des Matisse ou des Chagall, a été estimée à un milliard d'euros.

"Vivre avec mes tableaux"

Leur propriétaire affirme qu'il a été très surpris du battage médiatique suscité par cette découverte.

"Je ne suis pas Boris Becker", dit-il au Spiegel en évoquant l'ancien champion de tennis allemand. "Je suis quelqu'un de très discret. La seule chose que je voulais, c'était vivre avec mes tableaux", ajoute-t-il pour expliquer sa longue vie d'oisiveté et de célibat. Le procureur en charge de l'affaire n'a de fait retenu aucune charge contre lui pour le moment.

/ATS


Actualisé le

 

Actualités suivantes