Le train n'a eu aucun problème technique

Le train qui a déraillé mercredi soir à Saint-Jacques de Compostelle "n'a eu aucun problème opérationnel". Il venait de passer une révision technique le matin même, a affirmé le président de la compagnie ferroviaire publique espagnole Renfe. Le chef du gouvernement Mariano Rajoy est lui arrivé jeudi matin sur les lieux du drame qui a fait au moins 77 morts et environ 140 blessés.

Le Premier ministre, natif de Galice, devait ensuite rendre visite aux blessés à l'hôpital. Le roi Juan Carlos et le prince héritier Felipe ont quant à eux suspendu leurs activités officielles, tandis que la ville de Galice s'apprêtait à observer sept jours de deuil.

"C'était un désastre"

Les personnes habitant près du lieu de l'accident sont eux sous le choc. "J'ai entendu comme un coup de tonnerre, très fort, j'ai vu beaucoup de fumée. C'était un désastre", témoigne Maria Teresa Ramos, 62 ans.

Depuis son jardin, situé à quelques mètres du drame, cette dame âgée de 62 ans observe deux grues géantes qui se préparent à soulever l'amas de ferrailles de la carcasse du train qui gît toujours sur les voies. Des corps reposent également sur les voies, recouverts d'un drap blanc, le temps que les secours les évacuent.

Du jamais vu

"Les gens criaient. J'ai vu un train chevauchant un talus. Personne n'avait jamais vu cela ici", raconte-t-elle. Avec des amis, elle s'est précipitée pour apporter des couvertures et des serviettes de toilette aux blessés.

L'accident est une des plus graves tragédies ferroviaires de l'histoire de l'Espagne. Il s'est produit à 20h42 sur un tronçon de voie à grande vitesse, dans un virage très prononcé de la localité d'Angrois, à environ quatre kilomètres de la gare de Saint-Jacques de Compostelle, célèbre ville de pèlerinage.

Des 222 personnes à bord du convoi, 77 ont été tuées, a annoncé le tribunal régional de Galice, précisant que certaines zones du train, "d'accès difficile", n'avaient pas encore été inspectées. En outre, 143 personnes ont été blessées.

"Il semble que dans un virage le train ait commencé à se retourner, nous avons fait beaucoup de tonneaux et plusieurs wagons se sont empilés les uns sur les autres", a raconté un passager, cité par la radio Cadena Ser.

"Je roule à 190 km/h"

Selon le quotidien "El Pais", le conducteur du train aurait lancé dans une communication radio: "Je roule à 190 km/h", alors qu'il abordait la dangereuse courbe où s'est produit l'accident.

Les causes de l'accident ne sont pas encore officiellement connues, mais la presse montre du doigt une vitesse excessive sur un tronçon limité à 80 km/h.

Le train venant de Madrid se dirigeait vers El Ferrol, sur la côte atlantique. Il transportait 218 passagers et 4 employés de la compagnie de chemin de fer, la Renfe. Une enquête a été ouverte.

Le drame s'est produit à la veille de la Saint-Jacques, le saint patron des Galiciens, une fête traditionnelle dans cette région. Toutes les cérémonies prévues à cette occasion ont été annulées.

/SERVICE


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