Les Frères regardent en arrière et les salafistes vont de l'avant

Les Frères musulmans ne décolèrent pas d'avoir été dépossédés par l'armée d'un pouvoir qu'ils avaient gagné dans les urnes. De leur côté, les salafistes du parti Al Nour espèrent leur voler les faveurs des électeurs conservateurs lors des prochaines élections.

Loin de se réjouir de la chute de ses rivaux, la deuxième force islamiste du pays s'inquiète pourtant des conséquences de l'impopularité de la confrérie sur l'ensemble du mouvement religieux.

Courtisé par l'armée qui a renversé le président Mohamed Morsi avec l'appui de la rue, Al Nour s'est imposé comme un acteur clé de la transition politique balbutiante en opposant son veto à la nomination au poste de Premier ministre de deux libéraux, avant d'accepter celle de l'économiste Hazem el Beblaoui.

Mais le chef du parti salafiste juge cette position de force fragile. "Il ne fait aucun doute que le courant islamiste en général a beaucoup souffert de l'incapacité de la confrérie à gérer la période passée", a déclaré Younes Makhioun à Reuters.

Il y a 18 mois, les Frères musulmans, Al Nour et quelques petits partis islamistes avaient recueilli pas moins de 65% des voix aux premières élections législatives libres de l'histoire du pays.

Il semble peu probable qu'ils réalisent un tel score lors des prochaines élections, qui devraient avoir lieu dans environ six mois, si l'on se fie à la "feuille de route" élaborée par l'armée.

Un tiers des voix?

"Les islamistes vont retrouver leur représentation normale, entre 25 et 30%", parie Kamal Habib, ancien membre d'un groupe islamiste radical, en reprenant le chiffre communément cité par les spécialistes avant le précédent scrutin.

Créé en 2011, dans les mois qui ont suivi la chute d'Hosni Moubarak, le parti Al Nour est issu de la Dawa Salafia, un mouvement salafiste quiétiste né à Alexandrie qui s'attachait jusqu'alors à "sauver les âmes" et méprisait ouvertement le jeu politique.

Le parti revendique aujourd'hui 800'000 membres, autant que la confrérie fondée en 1928 par Hassan al Banna.

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