Les élections renforcent l'élan réformateur du président Aquino

Le président philippin Benigno Aquino est sorti renforcé des élections de mi-mandat de lundi qui devaient lui donner les coudées plus franches afin de poursuivre ses réformes. Le scrutin a aussi été marqué par l'élection de plusieurs membres de la famille Marcos et le retour de l'ancien président Joseph Estrada.Le Parti libéral de M. Aquino et ses alliés devraient sortir majoritaires au Sénat et conserver son écrasante majorité à l'Assemblée, selon des résultats publiés mardi soir et portant sur 75% des bulletins de vote. Ce qui ferait de Benigno Aquino le premier président à disposer de l'appui des deux chambres depuis l'instauration d'un régime démocratique aux Philippines en 1986."C'est un excellent résultat et une approbation du programme de réformes d'Aquino, sur lequel il devrait désormais faire encore plus puisqu'il a obtenu le contrôle du Sénat", a estimé Euben Paracuelles, économiste du courtier Nomura à Singapour.Soutien aux réformesLe porte-parole de la présidence, Edwin Lacierda, s'est pour sa part félicité de ce résultat. "Grâce au fait que nous aurons un plus grand soutien au Sénat, nous allons pouvoir faire avancer notre programme de réformes", a-t-il assuré.Benigno Aquino doit notamment obtenir l'aval des deux chambres pour un traité de paix négocié actuellement avec un mouvement rebelle islamiste dans le sud de l'archipel, où une guérilla a fait plus de 150'000 morts depuis 1978 et freiné la sécurité et la croissance du pays.Lutte contre la pauvreté et la corruptionM. Aquino, fils du principal opposant au dictateur Ferdinand Marcos, abattu à son retour d'exil en 1983, a été élu triomphalement en 2010 pour un mandat unique de six ans. Il a fait de la lutte contre la pauvreté et la corruption deux des principaux chantiers de sa présidence.Depuis son arrivée aux affaires, la croissance, qui a atteint 6,6% en 2012, et l'assainissement des finances publiques suscitent l'intérêt des investisseurs étrangers. Mais le pays peine à sortir une grande partie de sa population de la très grande pauvreté et l'émergence d'une classe moyenne est bien plus lente que chez ses voisins.Percée du clan MarcosPrès de trois décennies après son départ, la famille du dictateur a d'ailleurs fait carton plein aux élections. Sa veuve Imelda, 83 ans, a recueilli près de 90% des suffrages dans son fief de la province d'Ilocos Norte, dans le nord de l'archipel, remportant ainsi son deuxième mandat parlementaire consécutif.Quant au fils d'Imelda et de Ferdinand Marcos, Ferdinand Marcos Junior, est à la moitié de son mandat de sénateur qui se termine opportunément en 2016, année des prochaines présidentielles auxquelles il devrait se présenter. /SERVICE


Actualisé le