Les jihadistes avancent dans Kobané - les raids jugés insuffisants

Les combattants jihadistes de l'Etat islamique (EI) ont avancé mercredi dans Kobané et reçu des renforts en hommes et en équipements, malgré les frappes de la coalition internationale. Ces raids ont été jugés insuffisants par le Pentagone pour sauver cette ville kurde syrienne.

"Les frappes aériennes à elles seules ne vont pas y arriver, ne vont pas apporter une solution et sauver Kobané", a dit le porte-parole du Pentagone. "Il faudrait des troupes compétentes, des rebelles syriens ou des forces gouvernementales irakiennes, pour parvenir à vaincre" l'EI.

Malgré les raids des avions de la coalition dirigée par les Etats-Unis, "les jihadistes ont avancé à partir de l'est en direction du centre de la ville", a indiqué le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

Crainte de représailles

Selon le général Martin Dempsey, plus haut gradé américain, pour tenter d'éviter les frappes, les jihadistes "deviennent plus adroits dans l'utilisation des appareils électroniques". Ils "ne plantent plus de drapeaux, ne se déplacent plus dans de longs convois et n'établissent pas de quartiers généraux visibles et identifiables".

Dans ce contexte, la Suisse a appelé mercredi au respect des populations civiles de Kobané. "Les exactions commises à l'égard de la population civile sont inacceptables", a indiqué le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), rappelant dans un communiqué que "les attaques généralisées ou systématiques contre la population civile peuvent être constitutives de crimes contre l’humanité".

Création d'une zone tampon

Alors que l'offensive jihadiste a poussé à la fuite quelque 300'000 habitants de Kobané et ses environs, dont plus de 200'000 ont trouvé refuge en Turquie, le président français François Hollande a soutenu l'idée turque d'une création d'une "zone tampon entre la Syrie et la Turquie pour accueillir et protéger" les déplacés.

Dans le sud-est de la Turquie, les autorités d'Ankara ont imposé, pour la première fois depuis 1992, un couvre-feu militaire, au lendemain d'émeutes prokurdes qui ont fait 21 morts.

/ATS


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