Les enfants de réfugiés syriens traumatisés (HCR)

Les enfants réfugiés syriens au Liban et en Jordanie souffrent de profonds traumatismes psychologiques. Beaucoup vivent seuls ou séparés de leurs parents, la plupart sont privés d’éducation et travaillent illégalement, selon une enquête du HCR.

Dans un rapport sur "L'avenir de la Syrie - la crise des enfants réfugiés", le Haut Commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) publie des témoignages bouleversants. Près d'1,2 million de réfugiés syriens sont des enfants sur un total de 2,3 millions de réfugiés.

Plus de 70'000 familles réfugiées syriennes vivent sans père. Plus de 3700 enfants réfugiés sont non accompagnés ou séparés de leurs parents.

Cri d'alarme

"Si nous n'agissons pas rapidement, une génération d'innocents sera sacrifiée à cause de cette guerre épouvantable", a déclaré le Haut Commissaire aux réfugiés Antonio Guterres. L'actrice américaine Angelina Jolie, émissaire du HCR, lance un cri d'alarme: "Le monde doit agir pour sauver de la catastrophe une génération d'enfants traumatisés".

Les séquelles physiques et psychologiques sont profondes au bout de 32 mois de conflit. Au Liban, pendant les six premiers mois de 2013, 741 enfants de réfugiés syriens ont été envoyés dans des hôpitaux et soignés pour des blessures. En Jordanie, en un an, plus de 1000 enfants du camp de Zaatari ont été soignés pour des blessures liées à la guerre.

Les réactions émotionnelles sont courantes. Au cours de discussions de groupes, plusieurs enfants réfugiés ont exprimé le désir de rentrer en Syrie pour combattre. De jeunes garçons sont formés au combat au Liban en vue d'un retour en Syrie, selon le HCR.

Enfants exploités

D'innombrables familles réfugiées sans ressources envoient leurs enfants travailler, pour de maigres salaires, parfois dans des conditions dangereuses. Dans le camp de Zaatari, la plupart des 680 commerces emploient des enfants. Près d'un ménage réfugié sur deux en Jordanie survit en partie ou totalement grâce au salaire d'un enfant.

Une majorité d'enfants réfugiés ne vont pas à l'école. Parmi eux, plus de la moitié vivent en Jordanie. Au Liban, quelque 200'000 enfants syriens ne seraient pas scolarisés d'ici à la fin de l'année. Un grand nombre de bébés nés en exil n'ont en outre pas de certificat de naissance, selon l'enquête du HCR.

/ATS


Actualisé le

 

Actualités suivantes