Les voisins de la Syrie se ferment aux réfugiés, selon HRW

Les pays voisins de la Syrie ont drastiquement réduit leur accès aux réfugiés qui fuient le conflit entre le régime du président Bachar al-Assad et les insurgés, a rapporté lundi l'ONG Human Right Watch (HRW). Seul le Liban fait exception. A Genève, Ban Ki-moon a lancé un cri du coeur.

"Les garde-frontières irakiens, jordaniens et turcs repoussent des dizaines de milliers de gens qui tentent de fuir la Syrie", dont la vie est en danger, a précisé l'organisation de défense des droits de l'Homme.

"L'Irak, la Jordanie et la Turquie risquent de transformer la Syrie en prison à ciel ouvert pour des dizaines de milliers de Syriens, qui ne peuvent pas échapper au carnage qui a lieu dans leur pays", regrette Gerry Simpson, qui dirige les études sur les réfugiés chez HRW.

"Ni la pression que subissent ces pays, en raison du nombre toujours plus grand de réfugiés, ni l'apport d'aide humanitaire à l'intérieur de la Syrie ne justifient d'enfreindre le droit fondamental à demander l'asile face aux persécutions et à d'autres abus", ajoute-t-il.

1,7 millions de réfugiés

Selon des chiffres de l'Onu, le conflit, qui dure depuis mars 2011, a poussé 1,7 millions de Syriens à quitter leur pays. En mai, les secours en place à la frontière entre la Syrie et la Jordanie avaient prévenu que la situation s'aggravait pour des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants bloqués sur place, à la suite de la fermeture dans le mois de la frontière par Amman.

Le Liban, qui ne peut contrôler totalement les mouvements de population à sa frontière, n'a pris de son côté aucune mesure restrictive et accueille désormais sur son territoire plus d'un demi-million de réfugiés, précise HRW.

Il y a urgence

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a demandé lundi à Genève d'agir pour mettre un terme aux violences en Syrie. Il a précisé en même temps que les questions de la représentation de l'opposition et des participants à la conférence Genève 2 ne sont pas encore résolues.

"Il est urgent que les violences cessent", a déclaré lors d'un point presse le secrétaire général de l'ONU. Il a indiqué que l'initiative des Etats-Unis et de la Russie "d'amener les parties à la table des négociations offre la meilleure chance" de trouver une solution.

"Il est crucial que nous fassions le maximum pour que cette conférence ait lieu aussi vite que possible. Je demande à la communauté internationale de soutenir pleinement un processus politique", a expliqué Ban Ki-moon.

/SERVICE


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus