Londres s'explique sur son refus de mener une enquête publique

La ministre britannique de l'Intérieur a reconnu que "les relations internationales ont été un facteur dans la prise de décision du gouvernement" de renoncer à une "enquête publique" sur la mort du dissident russe Alexandre Litvinenko à Londres en 2006. L'opposant au président Vladimir Poutine avait été empoisonné.

Theresa May s'exprimait dans une lettre rendue publique vendredi et adressée au magistrat Robert Owen, qui avait plaidé pour une "enquête publique". Cette dernière permet, contrairement à ce que son nom suggère, l'examen à huis clos de documents sensibles.

Alexandre Litvinenko, 43 ans, un transfuge du FSB (services de renseignement russes) réfugié au Royaume-Uni, avait succombé à un empoisonnement au polonium, - une substance radioactive - après avoir bu du thé dans un hôtel londonien. Cette affaire avait provoqué de fortes tensions diplomatiques entre Londres et Moscou.

Le "coroner" Robert Owen, chargé de mener une enquête judiciaire sur le décès de Litvinenko, avait indiqué en mai être dans l'impossibilité d'examiner le rôle éventuel de l'Etat russe dans le cadre de cette procédure. Il avait donc demandé au gouvernement britannique de la remplacer par un autre type d'investigation, une "enquête publique", ce que Londres a refusé la semaine dernière.

"Une enquête conduite par un coroner indépendant est plus facilement explicable à certains de nos partenaires étrangers (...) qu'une enquête publique mise en place par le gouvernement (...), a estimé Mme May.

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