Manifestation à Hong Kong après l'agression d'un journaliste

Des milliers de personnes ont manifesté pour la liberté d'information et d'expression dimanche à Hong Kong. Cette action avait lieu après la violente agression d'un journaliste grièvement blessé à coups de hachoir de boucher.

Kevin Lau, ancien rédacteur en chef du quotidien Ming Pao à la plume acerbe contre Pékin, avait été hospitalisé dans un état grave mercredi pour plusieurs entailles profondes infligées par un inconnu avec une sorte de couperet.

Son agression a choqué dans l'ancienne colonie britannique revenue à la Chine en 1997 avec un statut de semi-autonomie, où les médias et les militants démocrates craignent un lent effritement des libertés fondamentales.

Entre 8600 et 13'000 manifestants habillés en noir, dont des journalistes et des parlementaires, ont défilé dans le centre de la mégapole financière, selon les chiffres respectifs de la police et des organisateurs.

Pétition

"Nous prévenons les puissances maléfiques que leur couteau ne nous font pas peur", a lancé Sham Yee-lan, présidente de l'Association des journalistes de Hong Kong devant le siège du gouvernement.

Les manifestants ont ensuite marché jusqu'au quartier général de la police pour remettre une pétition signée par 30'000 personnes réclamant la lumière sur l'agression de Kevin Lau.

"Si nous avons peur, nous perdrons la liberté"

Hors de danger, il a quitté samedi l'unité de soins intensifs d'un hôpital pour une clinique privée, saluant les médias d'un geste de la main. Une déclaration du journaliste a été diffusée par haut-parleurs lors de la manifestation de dimanche.

"La violence est destinée à nous effrayer. Si nous avons peur, nous perdrons la liberté", a-t-il mis en garde.

Méthodes des mafias chinoises

Aucune arrestation n'a encore eu lieu après cette attaque perpétrée en plein jour et dont le mode opératoire rappelle les méthodes des triades, les mafias chinoises, selon les autorités.

Kevin Lau a été évincé en janvier du Ming Pao et remplacé par une personnalité pro pékin. Une décision perçue comme une tentative de mise au pas par la rédaction de ce journal libéral, réputé pour ses enquêtes et ses analyses.

/ATS


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