Moscou regrette la non-reconduction de l'embargo de l'UE

Les rebelles syriens ont accueilli mardi avec circonspection la décision de l'UE de ne pas reconduire l'embargo sur les armes, jugeant cette décision trop tardive. Le conflit montre des signes de contagion sur le terrain, notamment au Liban voisin.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères a accusé l'Union européenne de "jeter de l'huile sur le feu en Syrie". Il a par ailleurs averti que la Russie ne renoncerait pas à la livraison de missiles sol-air S-300 au régime de Bachar al-Assad.

Les Etats-Unis, qui refusent de livrer des armes aux rebelles syriens, ont approuvé la décision de l'UE. De son côté, Israël a averti qu'il réagirait en cas de livraisons de missiles tandis qu'Ankara a salué la levée de l'embargo.

En Syrie, les rebelles ont jugé que cette décision, bien que positive, risque d'être trop tardive. Du côté du pouvoir en place, le ministère syrien des Affaires étrangères a dénoncé la levée de l'embargo, affirmant que celle-ci constituait un "obstacle" aux efforts destinés à mettre fin au conflit.

Pour rappel, l'Union européenne a autorisé lundi ses Etats membres à livrer des armes aux rebelles syriens en l'absence d'accord entre les Vingt-Sept sur une prolongation de l'embargo, qui expire samedi. La Grande-Bretagne et la France, qui prônent une aide militaire aux insurgés, ont fait savoir qu'ils pourraient effectuer des livraisons d'armes dans un proche avenir.

La décision de l'UE n'a pas de conséquences sur la pratique en matière d'exportation de matériel de guerre de la Suisse. Ni la livraison directe aux rebelles syriens ni l'exportation d'armes par l'intermédiaire de pays tiers ne sont elles des scénarios possibles.

"Pas une mince affaire"

Le différend qui oppose la Russie aux Occidentaux sur la question de l'armement des partisans et des opposants au régime de Bachar al-Assad pourrait mettre en péril l'organisation de la conférence dite de Genève II sur l'avenir de la Syrie prévue en juin.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a d'ores et déjà prévenu que l'organisation de cette conférence ne "sera pas une mince affaire". Moscou souhaite de longue date que l'Iran, soutien du régime de Damas, participe aux négociations, ce que les Occidentaux refusent.

Des différends subsistent également dans les tractations menées par la Coalition nationale syrienne (CNS), l'opposition syrienne réunie depuis six jours à Istanbul.

Débordement régional du conflit

Sur le terrain, alors que les craintes d'un débordement régional du conflit syrien sont de plus en plus vives au Liban, trois militaires libanais ont été tués à l'entrée d'une commune proche de la frontière, a indiqué l'armée libanaise.

Et les violents affrontements en Syrie à Qousseir ont fait "des dizaines de tués parmi les terroristes d'al-Nosra", a rapporté un quotidien proche du pouvoir syrien.

Le conflit ne connaît aucun répit notamment autour de cette ville de Qousseir que les forces du régime tentent de reconquérir.

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