La gauche française sanctionnée par les succès de droite et du FN

Les socialistes du président français François Hollande ont subi une défaite cinglante dimanche aux municipales au profit de la droite, notamment à Toulouse. Un remaniement gouvernemental devrait intervenir dans les prochains jours. L'extrême droite a elle revendiqué le "meilleur score de son histoire".

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a admis l'échec du gouvernement. Ces élections "ont été marquées par la désaffection significative de celles et ceux qui nous ont fait confiance en mai et juin 2012", a déclaré le Premier ministre qui pourrait perdre sa place lors d'un remaniement. Il a dit que M. Hollande tirerait "les enseignements de ce scrutin".

Abstention record et bastions perdus

Premier test électoral pour M. Hollande depuis son arrivée au pouvoir en 2012, ce scrutin municipal a été marqué dimanche par un taux d'abstention record, à environ 38 %.

La gauche a perdu des bastions comme Limoges ou Belfort. Les autres mairies perdues par les socialistes sont notamment Roubaix, Reims, Saint-Etienne, Angers, Quimper, Pau, où le centriste François Bayrou a été élu, ou encore Ajaccio. En revanche, Gérard Collomb reste maire de Lyon et l'ancienne ministre Martine Aubry a été réélue à Lille.

"Grande victoire"

Le premier parti de l'opposition de droite, l'UMP, a revendiqué une "grande victoire" et son président Jean-François Copé a appelé François Hollande à "absolument changer de politique".

L'UMP devait gagner plus de 100 villes de plus de 10'000 habitants, dont la quatrième de France, Toulouse. Il conserve aussi la deuxième ville du pays, Marseille.

Troisième force

Le Front national (FN) disposera au moins de sept mairies, dont celles de deux villes moyennes, Béziers et Fréjus. Il remporte également le septième secteur de Marseille, qui totalise quelque 150'000 habitants.

"Il faut désormais compter avec une troisième force politique dans notre pays", a dit la présidente du FN Marine Le Pen, qui demande à M. Hollande d'"enterrer" le pacte de responsabilité, clé de voûte de sa politique de redressement.

Perpignan et Avignon exceptés

Même s'il remporte de nouvelles villes, le FN a échoué à conquérir Perpignan et la capitale mondiale du théâtre, Avignon, gagnée par la gauche. Il a en revanche gagné Béziers (71'000 habitants), où l'ancien président de Reporters sans frontières (RSF) Robert Ménard a été élu.

/ATS


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