Ouverture d'un procès pour blanchiment à Bellinzone

Cinq Tchèques et un Belge répondent de blanchiment et d'autres infractions devant le Tribunal pénal fédéral (TPF) de Bellinzone, où leur procès s'ouvre lundi. Tous sont suspectés d'avoir orchestré de 1997 à 2003 le détournement des actifs d'une société minière tchèque.Seuls trois accusés de nationalité tchèque étaient présents à l'ouverture de leur procès. L'un est décédé en mars dernier et trois autres, dont le Belge Jacques de Groote, n'ont pas comparu.Les avocats des deux accusés tchèques absents ont demandé l'interruption du procès, sans donner de motifs expliquant la non-comparution de leur client. Le défenseur de Jacques de Groote, Me Jean-Christophe Diserens, a plaidé la disjonction de la cause afin que son client soit jugé séparément.660 millions de francsIl a déclaré que Jacques de Groote, âgé de 86 ans, souffre de troubles de mémoire qui ne lui permettent pas de suivre un procès fleuve, agendé sur plusieurs semaines. De plus, a affirmé Me Diserens, le rôle de Jacques de Groote, ex-administrateur du FMI, ne serait qu'accessoire.Le Ministère public de la Confédération, qui a lancé la procédure en 2005, a fait saisir des montants colossaux. Près de 660 millions de francs, qui ont transité par les banques suisses, sont séquestrés. La République tchèque n'est pas partie plaignante dans cette affaire. La procédure pourrait déboucher sur le paiement de lourdes indemnités à charge de la Confédération en cas d'acquittement.Société fribourgeoiseL'un des accusés, un juriste, a bénéficié d'un forfait fiscal à Fribourg, où il avait fait ses études. Il a la double nationalité suisse et tchèque. Le quinquagénaire vit aujourd'hui à Monaco.Parvenus à contrôler 97% des actions de la société tchèque MUS, après sa privatisation, les prévenus sont accusés d'avoir procédé à une réduction du capital pour rembourser des fonds précédemment détournés. Long de plus de 300 pages, graphiques à l'appui, l'acte d'accusation dresse une liste d'innombrables transactions financières opaques. Certaines passaient par Fribourg, où l'un des accusés avait ses bureaux.Selon le Ministère public de la Confédération, les prévenus ont fait du blanchiment leur principale activité professionnelle pendant des années. Le procès occupera plusieurs semaines la Cour des affaires pénales de Bellinzone. /SERVICE


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