Ouverture du procès des leaders de la fronde turque de juin 2013

Le procès de 26 membres du collectif Taksim Solidarité s'est ouvert devant un tribunal d'Istanbul, a rapporté une journaliste de l'AFP. Ils sont accusés d'avoir mené la vague de contestation contre le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, il y a un an.

Les accusés, dont des architectes, ingénieurs ou médecins, risquent des peines allant jusqu'à trente ans de prison pour avoir organisé et participé aux manifestations.

Avant d'entrer dans la salle d'audience, près d'une centaine de membres de Taksim Solidarité se sont rassemblés devant le palais de justice, protégé par un service d'ordre discret. Le collectif regroupe des ONG, des syndicats et des membres de la société civile.

"Ce procès restera une tache dans l'histoire de ce pays. C'est un procès de la honte et de l'embarras, presque un scandale. Ce sont la liberté, la démocratie et la paix qui sont jugées aujourd'hui. Mais personne ne pourra nous empêcher d'aider nos amis dans la rue", a lu une porte-parole de l'Association médicale turque devant la presse.

Des arrestations par milliers

Le mouvement de contestation avait débuté fin mai 2013. Une poignée de militants écologistes s'étaient alors mobilisés contre la destruction du parc Gezi, en lisière de l'emblématique place Taksim d'Istanbul.

Après une violente intervention des forces de l'ordre le 31 mai à l'aube, ce combat s'est transformé en une vague de contestation politique sans précédent contre la dérive jugée autoritaire de M. Erdogan.

Pendant trois semaines, plus de 3,5 millions de Turcs ont défilé dans une centaine de villes du pays. Les forces de l'ordre ont sévèrement réprimé ces manifestations. Bilan: au moins huit morts, plus de 8000 blessés et des milliers d'arrestations.

/ATS


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