Paris suspend la livraison du premier navire de guerre à la Russie

La France a annoncé mercredi la suspension jusqu'en novembre de la livraison prévue en octobre d'un navire de guerre Mistral vendu à la Russie. Paris était soumis à une forte pression de ses alliés de l'OTAN en raison de la crise en Ukraine.

Le premier des deux navires porte-hélicoptères promis à Moscou devait être livré en octobre et le président François Hollande avait jusqu'à présent toujours dit que le contrat serait honoré malgré la crise opposant l'Ukraine et la Russie.

L'opposition soutenait la détermination de l'Elysée, soulignant que d'autres contrats, comme celui pour la livraison éventuelle d'avions de chasse Rafale à l'Inde, seraient menacés si l'on donnait le signal que la France n'honore pas sa parole.

"Les actions menées récemment par la Russie dans l'est de l'Ukraine contreviennent aux fondements de la sécurité en Europe", peut-on lire dans le communiqué de la présidence française.

"Le président de la République a constaté que, malgré la perspective d'un cessez-le-feu qui reste à confirmer et à être mis en oeuvre, les conditions pour que la France autorise la livraison du premier BPC ne sont pas à ce jour réunies.

La France a "entendu la pression de la communauté internationale" en pleine crie ukrainienne et a décidé de suspendre la livraison du Mistral "jusqu'en novembre", a indiqué peu après une source diplomatique française.

"Bonne décision"

Cette décision de Paris intervient à la veille de l'ouverture du sommet de l'OTAN de Newport, au Pays de Galles.

Un haut responsable de l'OTAN s'est félicité de la "bonne décision" prise par la France, soulignant que la Russie avait agi de telle manière qu'elle était devenue inévitable.

"Le refus à ce contrat ne sera pas une tragédie pour nous en matière de plan de réarmement", a réagi un vice-ministre russe de la Défense, Iouri Borissov, à l'agence officielle Itar-Tass. "C'est bien évidemment désagréable et apporte certaines tensions dans les relations avec nos collègues français", a-t-il dit.

Un renoncement à la livraison des deux navires, pour un montant d'1,2 milliard d'euros (1,4 milliard de francs), obligerait la France à dédommager Moscou et tendrait la relation entre les deux pays.

/ATS


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