Polémique autour de la première interview supposée de Moubarak

Il est trop tôt pour évaluer le travail de Mohammed Morsi, aurait déclaré Hosni Moubarak dans une interview au journal arabophone "El Watan", publiée dimanche. Mais l'avocat de l'ancien dirigeant égyptien a catégoriquement démenti que l'entretien ait eu lieu."L'interview est montée de toutes pièces, elle n'a absolument pas eu lieu", a dit Me Farid al-Deeb. L'avocat de M. Moubarak a accusé "El Watan" d'avoir utilisé une interview qu'il avait lui-même accordée récemment. "Ces propos, c'est moi qui les ai tenus dans des déclarations à la télévision, que j'ai attribuées au président", a expliqué M. al-Deeb.Le quotidien explique quant à lui que l'un de ses journalistes est parvenu à déjouer samedi les mesures de sécurité entourant l'ancien homme fort égyptien peu avant l'ouverture de son procès en appel, finalement ajourné au 8 juin.Désespéré par l'économie égyptienneLors de l'interview, Hosni Moubarak aurait dit de Mohamed Morsi: "C'est un nouveau président qui a de lourdes missions pour la première fois de sa vie et nous ne devrions pas le juger dès à présent".Il se serait dit désespéré par les difficultés que rencontrent les couches sociales les plus défavorisées du pays et par l'état de l'économie égyptienne: "j'ai pris soin tout au long de ma présidence des personnes à faibles revenus (...) et je refusais de prendre toute mesure contre eux. C'est le secret de ma tristesse, de voir la situation des personnes à revenus modestes".Hosni Moubarak aurait également dit craindre que le pays accepte de contracter un prêt auprès du Fonds monétaire international (FMI): "ses termes sont très durs et représentent un grand danger pour l'économie égyptienne. Cela touchera durement les citoyens les plus pauvres et les plus bas revenus.""L'Histoire me jugera"L'ancien président égyptien aurait enfin déclaré au journaliste d' "El Watan": "L'Histoire me jugera et je suis tout à fait certain que les générations seront justes avec moi."M. Moubarak a été contraint à la démission le 11 février 2011 par un soulèvement populaire. Poursuivi pour complicité dans la mort de centaines de manifestants pendant cette révolte et pour corruption, il a été condamné à la réclusion à perpétuité, mais ce verdict a été annulé en Cassation et un nouveau procès a débuté samedi. /SERVICE


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