Poutine parade en Crimée, suscitant la colère de l'Ukraine

Vladimir Poutine a suscité le courroux du gouvernement de Kiev en se rendant vendredi en Crimée pour une nouvelle démonstration de force. Pendant ce temps, l'Ukraine s'enfonce dans la violence, avec plus de 20 morts dans des affrontements à Marioupol.

A Sébastopol, port d'attache de la flotte russe de la mer Noire, le président russe a assisté au défilé commémorant la victoire de 1945 contre l'Allemagne nazie.

"L'année 2014 va rester dans les annales comme celle qui a vu les peuples qui vivent ici décider avec fermeté d'être avec la Russie, confirmant leur fidélité à la vérité historique", a lancé M. Poutine au cours des célébrations. Il a invité la communauté internationale à respecter les intérêts et les droits de ses concitoyens, y compris celui à l'autodétermination.

Initiative "malvenue"

Le gouvernement ukrainien a aussitôt dénoncé une "violation flagrante de la souveraineté ukrainienne", qui prouve que "la Russie ne veut pas rechercher d'issue diplomatique".

En visite à Tallinn, Anders Vogh Rasmussen, secrétaire général de l'OTAN, a quant à lui jugé l'initiative de Vladimir Poutine "malvenue". Les Etats-Unis, en première ligne face à la Russie dans cette crise, ont eux aussi dénoncé une visite qui ne fait qu'"exacerber les tensions".

En Ukraine, les célébrations ont été plus discrètes. A Kiev, une brève cérémonie a eu lieu dans un parc dominant la ville, en présence du Premier ministre, Arseni Iatseniouk.

Les affrontements continuent

A Marioupol, ville du sud-est de cette même Ukraine où les séparatistes pro-russes ont l'intention d'organiser dimanche un référendum d'autodétermination, de violents affrontements ont fait 20 morts parmi les assaillants et un parmi les policiers, selon Kiev.

Une soixantaine d'insurgés équipés d'armes automatiques ont attaqué le siège local de la police, a affirmé le ministre ukrainien de l'Intérieur, Arsen Avakov, sur sa page Facebook.

Le rattachement en mars de la Crimée à la Russie, dénoncé comme une annexion par Kiev, est à l'origine de la pire crise entre Russes et Occidentaux depuis la fin de la Guerre froide.

/ATS


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