Quatrième grève générale sous l'oeil de la "troïka" au Portugal

Trains et métros à l'arrêt, administrations fermées, transports aériens perturbés: le Portugal connaissait jeudi sa 4e grève générale en deux ans. Elle a été organisée par les syndicats contre la politique d'austérité réclamée par les créanciers du pays, sous assistance financière.

Lisbonne, où une manifestation était prévue vers 15h30, vivait en début de matinée au ralenti et des sérieux embouteillages étaient prévus en raison de l'arrêt d'une grande partie des transports publics. Prévoyant des difficultés la direction d'"Autoeuropa", la grande usine Volkswagen des environs de Lisbonne, a décidé d'arrêter jeudi la production.

Les transports aériens devaient également être perturbés. Les principales compagnies low-cost, easyJet et Ryanair ont annulé plusieurs vols et des retards pouvaient intervenir sur les autres compagnies qui misaient toutefois sur un impact limité.

La grève, lancée par les deux principaux syndicats, la CGTP, proche du Parti communiste et l'UGT, lié au Parti socialiste, devait être ponctuée de manifestations à travers le pays. Les deux centrales espéraient voir le mouvement s'étendre au secteur privé où quelque 400'000 employés, soit 10% du total, sont syndiqués.

Zèle gouvernemental critiqué

De manière assez inhabituelle, la grève a reçu un soutien implicite du patronat. Il a joint récemment sa voix aux critiques qui pleuvent sur le Premier ministre Pedro Passos Coelho pour son zèle à appliquer à la lettre les sévères recommandations de la "troïka" (UE-FMI-BCE) représentant ses bailleurs de fonds depuis que le pays a obtenu en mai 2011 un plan de sauvetage de 78 milliards d'euros.

La grève générale se déroule d'ailleurs sous le regard de cette même "troïka" qui a entamé lundi une mission à Lisbonne pour préparer la prochaine évaluation trimestrielle devant débuter le 15 juillet.

M. Passos Coelho bénéficie toujours de l'appui des créanciers qui le félicitent régulièrement pour ses efforts en vue de redresser les finances nationales. En récompense, ils ont même accepté d'alléger les objectifs budgétaires du pays et lui ont accordé jusqu'à 2015 pour ramener le déficit public au-dessous des 3% du PIB, le plafond fixé par Bruxelles.

Mais le Fonds monétaire international et l'Union européenne n'en reconnaissent pas moins que le Portugal fait toujours face à de sérieux défis. M. Passos Coelho n'a pas exclu de demander un nouvel allégement des objectifs qui serait le troisième depuis le début de la mise en oeuvre du plan d'aide.

/SERVICE


Actualisé le

 

Articles les plus lus