Stérilisations en Inde: deux nouvelles arrestations

La police indienne a procédé à deux nouvelles arrestations vendredi après la mort de 13 femmes des suites d'une stérilisation. Ce drame a provoqué un scandale, auquel le gouvernement indien a répondu en défendant les programmes incitant les Indiennes à subir cette intervention.

Le ministre de la Santé, Jagat Prakash Nadda, a évoqué un "malentendu", s'agissant des objectifs chiffrés de stérilisations qui seraient définis dans certains Etats indiens pour contrôler la croissance de la population. "Il s'agit d'un programme de promotion (...) fondé uniquement sur la demande", déclare le ministre dans un communiqué du gouvernement publié jeudi soir.

Au contraire, selon l'ONG Human Rights Watch, certaines femmes très mal informées et venant de campagnes pauvres sont pratiquement contraintes d'être stérilisées par des fonctionnaires locaux devant remplir des objectifs chiffrés.

Les Nations unies ont demandé que les responsables de la tragédie rendent des comptes et rappelé que les choix en matière de contrôle des naissances devaient être faits "sans aucune sorte d'incitation".

Trois arrestations

Le chirurgien qui a opéré les 83 femmes en cinq heures samedi dernier a été arrêté mercredi. Il accuse le gouvernement de se servir de lui comme bouc émissaire dans ce drame, survenu lors d'un programme pour lequel les femmes ont été indemnisées 1400 roupies (près de 20 euros). Les causes de l'accident ne sont pas connues mais les autorités spéculent sur un possible choc septique.

Vendredi, deux autres arrestations ont été effectuées: celles du patron d'un laboratoire pharmaceutique et son fils, soupçonnés d'avoir détruit des preuves en lien avec ces morts.

Les deux hommes ont été interpellés après une perquisition la veille au soir par les autorités sanitaires au siège de leur société dans la capitale de l'Etat, Raipur, a annoncé un responsable de la police, Om Prakash Pal.

Médicaments brûlés

Des médicaments brûlés ont été retrouvés en grande quantité lors de la perquisition, a précisé un responsable des autorités de santé publique. "Ils se sont peut-être inquiétés et se doutaient que nous allions venir", a-t-il dit.

/ATS


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